Le brainstorming : Définition, Méthodologie et Conseils

Par Laurent Dufour, le 06/03/2020

Le brainstorming est un outil de résolution de problèmes élaborée par Alex Osborn en 1935.

La méthodologie s’appuie sur la créativité et la spontanéité des participants pour trouver de nouvelles idées qui s’affranchissent de tout type d’influences, normes à suivre ou idées préconçues.

Le brainstorming : méthode créative

Bien qu’elle soit souvent utilisée, cette méthode, dont le principe est de générer le plus d’idées possible par effet de rebond, ne développe son efficacité que lorsque certaines conditions et règles parfois difficiles à respecter sont suivies par l’ensemble des participants.

Concept et fonctionnement du brainstorming

Le brainstorming qui signifie tempête de cerveau ou encore remue-méninges fait partie des techniques de résolution de problème. Il fonctionne grâce à deux éléments fondamentaux : le groupe et l’association d’idées.

Lors d’un échange en groupe, chaque participant dispose d’une créativité qui lui est propre. La plupart du temps, de nombreuses personnes n’expriment pas leur créativité par timidité ou crainte des réactions de l’entourage. Brainstormer consiste à créer les conditions permettant à chacun d’exprimer librement ses idées sans notions d’entraves ou de critiques pour trouver de nouvelles solutions. L’objectif est de créer un échanger entre participants autour des solutions possibles pour résoudre un problème. Les solutions partagées doivent être évoquées de manière spontanée sur la base d’association d’idées, de reformulation ou de rebond d’idées.

Cette méthode permet de libérer la créativité et d’identifier des idées, thématiques ou solutions qui n’auraient pu être envisagées dans d’autres circonstances. Elle peut aussi être utilisée dans le cadre d’une création d’entreprise pour trouver des idées de création.

S’il ne suffit que de deux éléments fondamentaux pour fonctionner, les conditions d’exécution d’une bonne séance de brainstorming ne sont pas simples à réaliser. En effet, pour éviter les inhibitions dues à la peur du jugement et/ou du regard des autres, il est essentiel que chacun se sente en totale confiance. La démarche ou protocole à suivre sert à guider les échanges tout en garantissant le respect des conditions de déroulement de la séance.

Les grandes étapes d’une séance de brainstorming

Pour permettre une richesse dans les échanges d’idées, un groupe de brainstormeur doit être composé d’une dizaine de personnes et d’un animateur expérimenté (si possible). La session se déroule en trois phases :

  • Une première phase permettant à l’animateurs d’expliquer les règles du jeu, de créer un esprit de groupe et de faire quelques jeu-tests pour repérer et recadrer les participants qui ne respectent pas les règles. Notamment celle de n’émettre aucun avis sur les idées émises par les participants ;
  • Une seconde qui dure une petite heure pour brainstormer et collecter le plus grand nombre d’idées différentes possibles sur la base d’un sujet présenté par l’animateur ;
  • Une troisième pour trier, classer et synthétiser les résultats. Certains outils comme le diagramme d’Ishikawa, le map-minding ou le diagramme d’affinité peuvent être utilisées pour cela.
Remarque :

La réussite d’un brainstorming repose sur la confiance des participants entre eux. Le rôle de l’animateur est essentiel, il est donc conseillé d’en choisir un qui est expérimenté et neutre. Si possible éviter les membres de la direction, une personne neutre ou un prestataire extérieur peuvent par exemple être chargés de cette mission.

La méthodologie pour réaliser un brainstorming

Faire un brainstorming réussi nécessite 10 étapes concrètes et indépendantes :

1 – La sélection des participants

Le choix de participants à une session de brainstorming est une phase à ne pas sous-estimer. Pour avoir un processus créatif, il est important d’avoir une équipe complémentaire composée de différentes typologies de caractères, de personnes qui proviennent d’horizon différentes respectueuses des avis des autres et aiment s’exprimer et qui ont une certaine vivacité d’esprit.

Il est essentiel d’éviter les personnes qui ne savent faire autrement que d’émettre des avis ou des opinions sur les idées des autres.

Enfin il est recommandé de vérifier que l’ensemble des participants connaissent le sujet à traiter. Les propos hors sujet sont souvent de nature à perturber les débats et agacer les participants les plus expérimentés. Il peut être nécessaire d’avoir un échange préalable avec certains membres afin de s’assurer de leurs compétences en la matière.

Remarque :

Il est aussi préférable d’éviter au responsable d’équipe de tenir le rôle d’animateur voir de participer en fonction de sa personnalité et de ses relations avec ses équipes. Cela pourrait limiter ou perturber certains participants

2 – Regroupement et explications

La première étape consiste à réunir les participants invités et leur expliquer ce qu’est un brainstorming, les conditions du bon déroulement de cette méthode et les règles à suivre. Chaque participant doit saisir le mode de fonctionnement du processus. Il doit non seulement intégrer les règles à suivre et les étapes à franchir mais aussi comprendre que sa participation est nécessaire.

3 – L’édiction des règles à suivre

La qualité d’une session de brainstorming est directement liée à la confiance que peuvent avoir les participants dans le fait de ne pas se sentir jugé par le groupe. Il est important d’édicter et de faire respecter les règles suivantes :

1 – On ne critique pas ;

2 – On participe avec un esprit ouvert sans être susceptible ;

3 – On laisse aller son imagination, on accepte et évoque les idées le plus étonnantes. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise idée. Chaque idée peut être formulée et permettre à une autre personne de rebondir ;

4 – On n’hésite pas rebondir sur les autres idées pour structurer les siennes et à reformuler les idées des autres avec nos propres mots.

4 – Le Test du groupe

L’animateur à un rôle essentiel, pour pourvoir guider l’équipe il est souvent intéressant de faire quelques exercices de test ou d’entrainement avant la séance de brainstorming.

Cela permet de reprendre les participants qui n’ont pas bien saisis le fonctionnement d’un brainstorming, de chauffer un peu l’équipe notamment les membres qui n’ont jamais fait ce type d’exercice et de créer une bonne ambiance.

5 – On définit le problème

Une fois que l’équipe est prête, on présente la situation en s’assurant que chaque membre à une vision précise de la problématique à solutionner. l’animateur peut proposer quelques supports sur lesquels les participants pourront se baser (étude de marché, constatations, résultats d’analyses (SWOT, Pestel, matrice BCG, …), …)

Une fois la présentation faite, on laisse quelques minutes à chaque membre pour comprendre et intégrer les différents aspects du problème à traiter. Il s’agit de deux voire trois minutes pour éviter de perdre la spontanéité recherchée. Pendant ce temps les participants évitent de communiquer.

6 – On lance les échanges

Une fois que chacun est prêt on lance les échanges. L’idée est de privilégier la spontanéité. L’animateur est vigilant quant au respect strict des consignes, il peut inviter les participants à s’exprimer et reformuler une proposition lorsqu’il le juge nécessaire.

7 – On écrit tout

Bien souvent les idées vont assez vite, il est important de noter aux yeux de tous chacune des idées, cela permet de rebondir sur des idées évoquées quelques minutes auparavant. Cela aidera aussi l’équipe lors du travail de synthèse.

Remarque :

Il faut éviter les enregistrements qui peuvent inhiber certains participants. Cette contrainte peut être gênante, mais elle garantit la confiance des participants sur le fait qu’ils peuvent tout dire.

8 – On enlève les doublons

Une fois la phase d’échange terminée, on passe à un travail de synthèse qui commence par l’élimination des doublons puis le regroupement des idées. C’est un travail de groupe qui permet parfois à l’un des membres de mettre en avant une subtilité ou une différence qui n’avait pas été notée lors de la prise de notes.

9 – On tri, on classe et on regroupe

Vient ensuite la phase de classement de tri et de sélection des idées. On élimine les éléments hors sujet, les idées impossibles à réaliser. Pour ce fait on peut utiliser le diagramme d’affinité ou un outil de mapminding.

10 – on conserve les meilleures idées

On identifie et met de côté les idées les plus intéressantes parmi celles qui sont envisageables et répondent à la problématique évoquée.

Comment éviter les brainstormings qui partent en dérapage ?

Pour éviter que votre brainstorming parte en échanges incontrôlés ou seul quelques « grandes gueules » s’expriment n’hésitez pas à proposer un brainstorming par écrit. Les idées sont rédigées par chaque membre sur des post-it puis collées sur un tableau blanc ou un mur. Cela permet à chacun de s’exprimer. Il faudra néanmoins lire à haute voix chacune des idées et permettre à tous de rebondir sur le sujet pour créer une animation et la spontanéité recherchée.

Lors de l’affichage, l’animateur peut habilement utiliser la méthode du mapminding pour classer au fur et à mesure les idées par grand thèmes …

Conseil pour réussir votre session de brainstorming

Comme évoqué à la première étape il est important d’éviter de convoquer les participants perturbateurs. On évitera donc :

  • Ceux qui sont persuadés de tout savoir et ne participent que lorsqu’on suit leurs idées ou préconisations ;
  • Les personnes présomptueuses qui estiment que toutes leurs idées sont excellentes et qu’il faut les conserver.
  • Les modérés qui n’apprécient pas les échanges vigoureux et cherchent à tout pondérer. Les idées naissent des échanges parfois vifs ou emportés, il faut savoir les utiliser à bon escient et ne pas les tuer dans l’œuf.

Le rôle de l’animateur est essentiel il doit pouvoir recadrer et remettre en dynamique les participants dont l’implication et l’attitude ne contribue pas au bon déroulement de la session.

Remarque :

La réussite d’une session de brainstorming tient aussi dans le choix et l’énoncer du problème à traiter, ce dernier doit être simple et compréhensible. Ainsi :

  • Tous les participants peuvent échanger sur un problème clair, identifié et compris de manière identique par tous.
  • Il doit y avoir peu de critères à prendre en considération pour identifier des solutions concrètes et acceptables pour chaque participant.

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