Ouvrir un cabinet de conseil, conseils et étapes

Par Laurent Dufour, le 21/09/2021

Il est assez simple et rapide d’ouvrir un cabinet de conseil, la démarche nécessite néanmoins de passer par les principales phases de la création d’entreprise.

Si les étapes liées à la recherche de l’idée et la réalisation de l’étude de marché peuvent être allégées, celles du business plan, du choix du statut juridique, de la création de l’entreprise et du lancement de l’activité restent incontournables.

créer un cabinet de consultant

Dans cet article nous reviendrons sur chacune des étapes de l’ouverture de votre cabinet de conseil pour vous expliquer en quoi elles consistent, quels sont les enjeux liés aux choix que vous ferez et pour vous apporter des conseils issus de notre propre expérience.

Ouvrir votre cabinet de conseil : faut-il travailler l’idée ou le concept ?

Si l’ouverture d’un cabinet de conseil ne nécessite pas un travail important sur l’idée et la nature du conseil à apporter. Il peut toutefois être intéressant de faire le point sur plusieurs aspects. Cela vous aidera à définir précisément votre proposition de valeur et à voir en quoi vous vous différencierez des offres concurrentes.

Vous pouvez par exemple clarifier les points suivants :

  • Quelle est la nature de vos compétences (techniques et personnelles) ?
  • Comment définir le conseil que vous apporterez ?
  • Quelles sont les motivations qui vous animent. C’est en construisant un projet qui répond à vos attentes que vous serez le plus épanoui et le plus performant.

Remarque :

Cette première partie peut paraître secondaire, en réalité elle est fondatrice.

De nombreux entrepreneurs qui ouvrent leur cabinet de conseil perdent du temps pour avoir préparé leur projet trop succinctement.

Interroger votre entourage et votre réseau professionnel ne coûte pas cher. Cela vous aidera à structurer votre projet d’ouverture d’un cabinet de conseil.

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Ouvrir votre cabinet de conseil : faut-il faire une étude de marché ?

La plupart du temps, l’ouverture d’un cabinet de conseil ne nécessite pas d’investissements et représente une prise de risque limitée.

Votre connaissance du secteur, l’avis de votre entourage et de votre réseau professionnel et quelques entretiens ciblés suffisent souvent à se faire une idée sur la pertinence du projet ce qui permet d’éviter l’étude de marché.

Ouvrir un cabinet de conseil : le business plan

Il est possible de créer votre cabinet de conseil sans avoir à présenter votre projet à d’éventuels partenaires financiers. Pour autant, la plupart du temps, il peut être intéressant d’intégrer ou de créer un réseau de consultant.

Le travail à temps partagé prospère, et de nombreux réseaux plus ou moins formels se développent. Ils apportent des contacts mais aussi de la crédibilité à votre projet. Il est bien évidemment important de connaitre le projet et la proposition de valeur de ces partenaires et en retour de leur présenter votre projet. Cela permet d’identifier les collaborations possibles et de challenger votre projet.

C’est dans cet esprit qu’il peut être intéressant de réaliser un business plan lorsqu’on devient consultant. L’idée n’est pas de s’obliger à suivre une démarche lourde et contraignante qui serait inadaptée mais à bénéficier de certains bienfaits de la démarche. Réaliser un business plan, même simplifié, apporte de nombreux avantages :

  • Il contribue à la formalisation du projet et met en évidence certains aspects spécifiques à l’ouverture de votre cabinet de conseil ;
  • Il offre un peu de visibilité économique, permet de mesurer la rentabilité des différentes hypothèses et vous aide à fixer des objectifs ;
  • Il vous éclaire sur les conséquences, notamment financières, des choix que vous aurez à effectuer (statut juridique, statut social, fiscalité, capital social, …).

Si la partie qualitative du business plan peut être succincte, elle devra néanmoins comporter :

  • L’explication du projet (nature de l’offre, secteur d’activité, typologie et segment de clients, …) ;
  • Une présentation du créateur d’entreprise (parcours, diplômes, compétences, …) ;
  • Le business model.

La partie quantitative (prévisionnel financier) sera elle aussi assez simple et comprendra :

  • Un compte de résultat prévisionnel,
  • Un bilan prévisionnel,
  • Un plan de trésorerie.

Remarque :

Lorsque le projet d’ouverture de cabinet de conseil demande un investissement conséquent (emprunt, ouverture du capital social, demandes d’aides extérieure, …), la démarche nécessite un travail de préparation plus important qui se reflétera dans le business plan.

Ce dernier sera plus conséquent notamment pour la partie financière qui devra s’étoffer d’une étude sur les besoins financiers et d’un plan de financement.

Rédiger votre projet vous aide à le clarifier. L’écriture enlève le flou, elle permet de trancher un certain nombre d’aspects dont la décision était plus ou moins volontairement laissée en suspens. Cela permet aussi de le communiquer afin de le challenger.

Conseils :

Voici quelques questions que le Business Plan de votre société de conseil pourra clarifier :

  • Votre proposition de valeur ou promesse client.
  • Trouver le point d’équilibre entre le temps de prospection commercial et le temps de conseil. N’hésitez pas à rencontrer d’autres conseils pour valider vos prévisionnel.
  • Identifier le seuil de rentabilité ou point mort.
  • Vos tarifs (tarif à la journée, tarif pour les interventions ponctuelles, tarif pour les interventions récurrentes).
  • Les moyens pour entretenir et développer vos compétences (formations, séminaires, conférences, réseaux, …).

Etablir votre stratégie de développement

On n’est jamais aussi efficace que lorsqu’on suit une stratégie préalablement définie. Préparer votre projet d’ouverture d’un cabinet de conseil c’est aussi définir une stratégie.

Il ne s’agit pas de suivre une démarche contraignante, mais de réfléchir à la situation en faisant quelques exercices structurants :

  • réaliser un business model Canvas qui vous aidera à identifier les points clés de votre projet ;
  • identifier vos facteurs clés de succès ;
  • réaliser un SWOT, une matrice Eisenhower, étudier la loi de Pareto, se renseigner sur la stratégie Océan Bleu, …

Une fois votre stratégie définie, vous pouvez établir un plan d’actions et vous fixer des objectifs.

Ouvrir un cabinet de conseil : les choix juridiques, fiscaux et sociaux

Les choix liés au statut juridique, au statut social du dirigeant et au statut fiscal du l’entreprise et du dirigeant doivent mener à une réflexion commune de par le fait que leurs conséquences sont liées. C’est généralement ce qui rend complexe le choix du statut juridique, qui peut être différent entre deux projets d’ouverture de cabinet de conseil identiques. Voyons chacun de ces aspects et les liens qui existent entre eux.

Quel statut juridique choisir pour mon cabinet de conseil ?

Plusieurs statuts juridiques sont possibles pour ouvrir un cabinet de conseil. Pour s’orienter vers les bons statuts juridiques, la première des démarches est de savoir si le créateur ouvre son cabinet seul ou s’il le fonde avec d’autres associés.

  • S’il ouvre son cabinet de conseil seul, il choisira entre les formes juridiques suivantes : la micro-entreprise, l’entreprise individuelle, l’EIRL, l’EURL ou la SASU.
  • Si plusieurs associés participent à l’ouverture du cabinet, dans la majeure partie des cas, ils opteront pour la SARL ou la SAS.

Quel statut fiscal choisir pour mon cabinet de conseil ?

Le régime fiscal de l’entreprise dépend de la nature du statut juridique choisi pour héberger l’entreprise. Deux régimes fiscaux sont possibles :

  • L’imposition à l’impôt sur les revenus (IR). Lorsque l’imposition à l’IR est choisie, l’imposition sur les bénéfices est faite directement auprès de l’entrepreneur individuel ou des associés lorsqu’il y en a plusieurs (cas des sociétés de personnes).
  • L’imposition sur les sociétés (IS). Lorsque l’imposition à l’IS est choisie, c’est l’entreprise qui est assujettie à l’imposition sur les bénéfices. L’entrepreneur individuel ou ses associés sont imposés sur leur rémunération ainsi que sur les dividendes que l’entreprise leur a versés.

Remarque :

La nature du régime d’imposition a des impacts sur la fiscalité ainsi que dans d’autres domaines.

Par exemple, la base de calcul de ses cotisations sociales des dirigeants TNS (régime des indépendants), dépend du régime fiscal auquel est assujetti l’entreprise.

Il a aussi une influence sur le montant des indemnités versées par Pôle Emploi. Pour comprendre les implications du régime fiscal sur l’indemnisation chômage, vous pouvez consulter notre article : Quand faut-il rembourser les ARE ?

Quel statut social choisir pour le dirigeant d’un cabinet de conseil ?

Les dirigeants d’entreprise doivent être affiliés à un régime social (assurance maladie, maternité, vieillesse, invalidité). Toutefois, contrairement aux salariés qui sont obligatoirement affiliés au régime général, les dirigeants peuvent être affiliés à deux régimes distincts selon la forme juridique de leur entreprise et le pourcentage de participation qu’ils détiennent.

  • Le dirigeant sera affilié au SSI (régime social des travailleurs indépendants), s’il crée son cabinet de conseil sous la forme d’une entreprise individuelle, y compris la micro-entreprise et l’EIRL, ou s’il est gérant majoritaire d’une EURL ou d’une SARL ;
  • Le dirigeant sera affilié au régime général de la sécurité sociale, s’il crée son cabinet de conseil sous la forme d’une SARL sans être majoritaire, sous la forme d’un SASU ou enfin sous la forme d’une SAS.

Ces deux régimes sociaux fonctionnent de manière très différente. Il est important de bien comprendre ce qui les diffèrent. Pour comprendre les différences et faire le meilleur choix, nous vous recommandons le lire notre article : Est-il préférable d’être TNS ou Assimilé salarié ?

Où installer votre cabinet de conseil ?

Lorsqu’on débute une activité de conseil, bien souvent l’adresse de domiciliation du cabinet est secondaire puisque généralement le conseiller se déplace chez son client. Le créateur à la possibilité d’ouvrir son cabinet de conseil à l’endroit qui lui parait correspondre le mieux à ses attentes. Il peut ainsi :

  • Placer le siège social du cabinet à son domicile. Cela lui évite de payer un loyer professionnel et peut même, sous conditions facturer se facturer un loyer.
  • Domicilier son cabinet chez une entreprise de domiciliation. Cette option tente à se démocratiser car elle offre différents avantages (mise à disposition de services administratifs (traitement du courrier, prise d’appels, accueil physique, …), adresse prestigieuse, mise à disposition de salle et de matériel pour les rendez-vous ou les formations, …). Pour évaluer l’intérêt de la domiciliation nous vous recommandons de consulter notre article sur le sujet : Choisir sa domiciliation ) ;
  • S’inscrire dans une pépinière ou dans un incubateur. Ce choix lui permet de profiter de locaux, de services identiques à la domiciliation, mais aussi d’un accompagnement pour le lancement de son projet et de la possibilité d’échanger avec d’autres créateurs.
  • Louer des bureaux dans lesquels il pourra exercer son activité. Cette solution est plus coûteuse toutefois elle offre une totale liberté. Elle est souvent privilégiée lorsque la nature de l’activité impose à l’entreprise de recevoir ses clients pour des raisons spécifiques (confidentialité, prestige, technique, …).

Conseils :

Le lieu d’exercice de votre activité de conseil a son importance. N’hésite pas à intégrer à votre réflexion les éléments suivants :

  • Votre organisation contribuera fortement à la performance économique de votre cabinet de conseil. Si ce n’est pas votre point fort, n’hésitez pas à vous rapprocher de solutions comme la domiciliation ou le secrétariat à temps partagé qui vous permettront de vous concentrer sur les tâches créatrices de valeur.
  • L’un des intérêts du partage des locaux est qu’on évite un ensemble de tâches administratives chronophages (abonnements tel internet, nettoyage, compte achat fournitures, suivi fiscal, …)
  • L’échange avec d’autres dirigeants est ressourçant tout en étant source d’ouverture d’esprit. Cela permet aussi d’éviter de tomber dans les difficultés liées à la solitude du dirigeant.

Ouvrir un cabinet de conseil : le lancement de l’activité

La création d’un cabinet de conseil est assez simple, elle ne nécessite que très rarement les conseils d’un spécialiste pour rédiger les statuts juridiques ou faire un pacte d’associé. Dans la grande majorité des cas, l’entreprise peut être créée en ligne ce qui, en plus de simplifier la démarche, permet de profiter de tarifs intéressants et de créer rapidement.

Pur vous aider à trouver le bon partenaire parmi les innombrables sites de création, nous avons comparé les plateformes et avons résumé leurs qualités dans le tableau synthétique ci-dessous. Pour bien comprendre la différence entre chaque plateforme juridique en ligne, n’hésitez pas à consulter notre article : Comment créer sa société en ligne ?

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Laurent Dufour

Fondateur du site Le Blog du Dirigeant. Diplômé d’un master en management (droit, finance, marketing et gestion) et ancien cadre dirigeant, Laurent Dufour conseille et accompagne les créateurs et les dirigeants pour créer, développer et gérer leur entreprise depuis 2010.