Conseils et expérience d'entrepreneurs : comment créer une boutique de vêtement ?

Par Adèle Lebas, le 18/05/2022

Le Blog du Dirigeant part à la rencontre d’entrepreneurs pour les interroger sur la création de leur entreprise. Étapes de création, difficultés et réussites, ils nous disent tout sur leur aventure entrepreneuriale. Vous allez créer ? Profitez de leurs expériences réussies, et de leurs bons conseils pour sécuriser votre démarche ! 

Conseils et expérience d'entrepreneurs : comment créer une boutique de vêtement ?

Au sein de cet article, le Blog du Dirigeant analyse le parcours de création d’Émeline, créatrice d’une boutique de vêtements. Après une création et une exploitation de son entreprise réussie, Émeline arrête son activité et se tourne vers un autre domaine d’activité. Voici donc l’expérience d’un des entrepreneurs d’une boutique de vêtements !

Explications !

Carte d’identité de l’entreprise

 

Nom : L’atelier d’Émeline
Statut juridique : SARL
Fondateurs : Émeline et Jean François Franque
Date de création : 7 mai 2015
Localisation : 10 Rue du Béguinage, 59 800 LILLE
Activité : Commerce de détail d’habillement en magasin spécialisé (4771Z)
Nombre de salariés : 0
Chiffre d’affaires : non communiqué

Instagram : @latelierdemeline 
Facebook : @latelierdemelinef  

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L’expérience d’Emeline, créatrice d’une boutique de vêtements

Sa préparation à la création

Comment vous est venue l’idée de créer votre activité ?

Passionnée de mode, j’ai toujours eu envie d’ouvrir ma boutique de vêtements, c’était un rêve de petite fille. J’ai été longtemps styliste dans la grande distribution, puis au sein de la Redoute. Lorsque la Redoute a mis en place un PSE pour ses salariés, j’ai saisi l’occasion pour me lancer.

Avec quels financements avez-vous créé votre entreprise ?

Comme évoqué plus haut, j’ai profité d’un PSE de la Redoute pour me lancer dans la création. Dans le cadre de ce PSE, j’ai pu bénéficier d’un capital de départ de 30 000€ qui a constitué la part principale de mon financement, que j’ai complété avec un emprunt bancaire de 10 000€.

Comment vous êtes-vous rémunérée pendant la création ? Au bout de combien de temps avez-vous réussi à vous rémunéré par le biais de votre activité ?

En France, nous avons la chance d’avoir des dispositifs d’accompagnement des créateurs, j’ai bénéficié de l’aide pôle emploi pour les créateurs d’entreprise (l’ARE)  qui permet de percevoir une rémunération pendant les 24 premiers mois à compter de la création de votre entreprise. Cela m’a permis de lancer mon activité sans avoir la pression de la rémunération au début. Cette aide financière a également contribué à me permettre de rembourser rapidement mon emprunt.

Conseil LBDD : très peu de créateurs arrivent à se rémunérer pendant leurs premières années d’activités. Si vous souhaitez vous consacrer pleinement à votre création, vérifiez vos droits et la possibilité de bénéficier des dispositifs d’accompagnement aux créateurs de Pôle Emploi.

De quels accompagnements avez-vous bénéficié ?

En termes d’accompagnement, j’ai eu la chance de bénéficier d’un coach venu aider les salariés de la Redoute qui se lançaient dans la création d’entreprise. Mon coach m’a aidé à bâtir et solidifier mon projet, ainsi que dans la construction de mon business plan, mon prévisionnel financier… Cet accompagnement m’a grandement aidé, j’ai pu poser mes questions, confier mes doutes et me sentir épaulée dans la création.

Je me suis également faite accompagner par un expert-comptable pour les aspects juridiques et fiscaux. Le choix de l’expert-comptable est primordial, il est important que ce dernier puisse jouer un véritable rôle de conseil. Par exemple, pour le choix de mon statut juridique, le mien m’a fait des schémas explicatifs pour pouvoir comprendre les implications et conséquences de ce choix.

A savoir également que le France dispose de nombreux dispositifs d’accompagnement dont les créateurs n’ont pas forcément connaissance, ce qui est dommage car de nombreux dispositifs sont très utiles, que ces dispositifs soient des accompagnements techniques, financiers ou de réseaux. Quand j’ai créé mon entreprise, j’ai eu par exemple connaissance d’un réseau d’aide à l’entrepreneuriat pour les femmes de moins de 28ans.

Au-delà des accompagnements officiels, j’ai la chance de faire partie d’une famille d’entrepreneurs, j’ai donc également été bien accompagnée par ma famille, qui avait déjà traversé les obstacles auxquels je faisais face, et qui a su me conseiller et m’encourager. On minimise souvent l’importance d’être entourée par ses proches dans le cadre de la création d’entreprise, pourtant c’est bien un facteur primordial.

Avez-vous un site internet ? Quels bénéfices trouvez-vous à ce site internet ?

J’ai en effet un site internet pour pouvoir présenter les produits, les nouveautés, et les promotions à mes clientes. Il est important de bénéficier d’une présence en ligne de nos jours. Mon site m’a également et surtout permis de conserver une activité, lors du confinement, et des périodes de fermeture des commerces non essentiels.

A ce jour, le site internet représente à peu près 25% des ventes de ma boutique.

Comment avez-vous réalisé votre étude de la zone de chalandise ?

J’avais déjà une idée de la localisation dans laquelle je voulais implanter ma boutique. Je connais bien le quartier dans lequel je me suis installée. C’est un quartier en plein développement, principalement habité par des jeunes cadres dynamiques. Je savais qu’il y avait un potentiel de clientèle, et ait donc cherché des locaux disponibles dans le quartier ciblé.

On dit que l’étude de marché est primordiale. Avez-vous réalisé une étude de marché ? Si oui, comment ?

Une fois le quartier ciblé, je suis allé faire le tour des commerces alentours pour échanger avec eux sur la clientèle du quartier. Je suis notamment allé discuter avec des commerces n’ayant rien à voir avec mon activité, tels que les coiffeurs et les bars environnants.

Ensuite, je suis également allé voir ce que faisait la concurrence, qui ne manque pas dans mon quartier d’implantation. Je suis allée regarder les produits vendus, autant en termes de style, que de prix, de marques… Je suis allé regarder l’agencement et l’organisation des boutiques, pour me faire une idée plus précise de ce qu’il se faisait, de ce qui me plaisait, ou ce que je voulais au contraire éviter.

De plus, j’ai la chance d’avoir une grande expertise de ce milieu,  par mes anciennes expériences professionnelles,  donc j’ai également utilisé mes compétences pour connaitre, par exemple, la proportion de taille à acheter par catégorie de vêtements, ou le style de vêtements adaptés à chaque taille et morphologie.

Comment avez-vous choisi votre local ?

Au début de mes recherches, je ne cherchais que dans des locaux qui avaient déjà une utilisation commerciale. Mais les locaux disponibles et qui me convenaient étaient chers, entre 2000 et 2500€ à la location par mois.

Puis j’ai eu la chance de trouver un local, qui était en fait destiné à l’habitation pour un loyer beaucoup plus abordable (de l’ordre de 800€). Le propriétaire a accepté de me le louer à des fins commerciales, en échange de la réalisation de travaux à mes frais.

J’ai hésité car le local n’étant pas commercial, il n’est pas situé dans la rue la plus passante et commerciale du quartier ciblé. Toutefois, même si je savais qu’il y aurait moins de passage, le prix bien inférieur aux locaux de la rue commerçante m’a convaincue. C’est un choix que je ne regrette d’ailleurs pas.

Cet élément rentre par ailleurs dans le modèle économique de l’entreprise. Avec un local mieux situé, j’aurai peut-être bénéficié de plus de passage et donc de clients potentiels, mais mon loyer aurait été deux ou trois supérieur, et mes charges beaucoup plus importantes aussi.

La fermeture de sa boutique : explications

On constate que votre boutique est en train de fermer ? Est-il possible de vous demander les raisons ?

En effet, je suis en train de liquider mes stocks pour mettre fin à mon activité. Il y a plusieurs raisons à cela. La première des choses est la concurrence des gros sites de vente en ligne. Cette concurrence est présente depuis plusieurs années, mais qui s’est accentué avec la crise sanitaire. Bien que je dispose d’un site internet qui permette à mes clients de consulter les produits en ligne, il m’est impossible de proposer comme les grandes enseignes la livraison et le retour gratuit. Je suis donc forcément plus chère que ces grandes entreprises, et donc moins concurrentielle.

Avec la Covid, tous les catégories de publics ont été obligé de s’adapter et de commander en ligne. On remarque qu’une grande partie de ce public a désormais pris l’habitude de commander en ligne et n’est pas revenue en boutique, malgré la réouverture. (Même ma mère s’y est mis !)

Ensuite, la Covid a également changé le rapport des clients aux vêtements, leur façon de s’habiller, le télétravail, et la diminution des interactions sociales ont fait que les personnes trouvent moins de nécessité à s’habiller, et par conséquent font moins de shopping. Je l’ai clairement ressenti en post crise sanitaire.

Enfin, le dernier facteur est le critère écologique. Une conscientisation collective est en train d’émerger sur la pollution provoquée par l’industrie de la mode, et les vêtements de prêt à porter première main. De plus en plus de boutiques de seconde main sont en train d’apparaitre, et on voit que même les grandes marques de prêt à porter première main, se mettent à développer une activité de seconde main, preuve d’un changement de mentalité en cours.

Tous ces facteurs extérieurs sont évidemment à prendre en considération, mais le principal facteur d’arrêt de mon activité est en réalité une opportunité professionnelle que j’ai su saisir lorsqu’elle s’est présentée à moi

Qu’allez-vous faire désormais ? Comment allez-vous liquider la société ?

J’ai la chance d’avoir pu développer (un peu par hasard) une autre activité en parallèle qui consiste en de la création de contenu digital pour les entreprises sur les réseaux sociaux. Si au début cette activité était plus pour mon loisir personnel, elle a grandi au fil du temps et me permet désormais de me consacrer à cette activité à plein temps, et d’en faire mon métier.

Concernant mon entreprise, je ne compte pas la fermer, mais la conserver pour héberger une autre activité. Je vais effectuer une modification statutaire pour changer le code de référence de l’activité pour l’adapter à ma nouvelle activité.

Comment voyez-vous l’avenir des boutiques de vêtements ?

Cette question est liée directement à ce que je viens de vous dire sur la fin de mon activité. Il reste à voir si la seconde main est une tendance durable, ou simplement un effet de mode qui n’est pas destiné à perdurer. A mon avis, la seconde main est l’avenir des boutiques de vêtements, et toute personne souhaitant se lancer dans le commerce de vêtement, doit envisager de faire un secteur seconde main dans son modèle économique.

Conseil LBDD : si vous souhaitez créer une boutique de vêtements, le témoignage d’Émeline souligne l’importance d’étudier le marché et son environnement, notamment par le biais d’une analyse PESTEL. Cette analyse permet d’étudier l’environnement extérieur et les facteurs pouvant impacter l’activité. Parmi les facteurs extérieurs, ici, il faut tout particulièrement prendre en considération le coté environnemental de l’analyse Pestel (pollution engendrée par la mode), et social (changement des habitudes de consommation de consommateurs). Une fois votre entreprise créée, et votre activité lancée, il est important de continuer à faire une veille de votre environnement afin de pouvoir anticiper au maximum les changements qui risquent d’impacter votre activité.

Les conseils d’Emeline en tant que créatrice

Quelles ont été les plus grandes difficultés dans votre parcours entrepreneurial ?

Je trouve que les difficultés sont de deux aspects : un aspect psychologique et un aspect plus technique.

On sous-estime le coté psychologique de la création : le fait de se lancer, de quitter son emploi salarié sont les freins psychologiques et les peurs qu’un créateur doit affronter.

Concernant le coté plus technique, ma plus grande difficulté a été que je ne connaissais rien au domaine de l’entrepreneuriat, à la réalisation des différentes démarches comme aller faire un emprunt bancaire, la comptabilité… Il y a beaucoup de choses inconnues qui arrivent, et qui sont à assimiler et mettre en œuvre.

Que diriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans l’entreprenariat ?

A mon sens, le plus important pour créer une entreprise est d’avoir des fonds. L’argent est le nerf de la guerre et sans capital de départ, il est quasiment impossible de se lancer.

Il faut également bien étudier la faisabilité du projet. Les entrepreneurs regorgent toujours d’idées, mais oublient trop souvent de vérifier si cette dernière est vendeuse et répond à un véritable  besoin.

Mon conseil serait donc : se constituer un capital de départ, et bien vérifier la faisabilité du projet, et savoir s’entourer, aussi bien par son cercle personnel que par les dispositifs d’accompagnement professionnels ou étatiques.

Vous avez créé votre entreprise seule ? Quels sont vos ressentis par rapport à ça ?

J’ai créé une entreprise en association avec mon père, mais j’ai porté le projet seule. Le fait de porter le projet seule a des avantages comme des inconvénients.

En termes d’inconvénients, le côté humain compte beaucoup. Le fait de ne plus avoir de collègues, d’être seule à prendre des décisions peut être compliqué à supporter. De plus, être seule pour accomplir toutes les formalités et penser à tout est une certaine charge mentale.

Pour autant, les avantages sont nombreux. Le fait d’être la seule décisionnaire est également très agréable : ne pas avoir à rendre de compte, avoir la liberté de s’organiser et de gérer son temps comme on le souhaite, la fierté d’y être arrivée seule. Le fait d’être seule permet également de ne pouvoir s’en prendre qu’à soi-même en cas de difficultés ou échecs.

S’il fallait recommencer, en faisant le bilan, je pense que je recommencerai l’aventure seule.

Conseil LBDD : Lors d’une création d’entreprise seule, il faut également avoir conscience de la charge de travail que cela représente, et de l’impact du fait d’être seule à devoir assumer les multiples tâches inhérentes au statut d’entrepreneur. Par exemple, Emeline nous a confié qu’elle travaillait en réalité 7j/7. Les jours de fermeture de sa boutique sont des jours consacrés au volet administratif de l’entreprise. Cela inclut commande et prévision des stocks, appel fournisseurs, recherche de nouveaux produits, comptabilité …

Voici donc l’expérience d’un des entrepreneurs d’une boutique de vêtements !

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