Les modes de financement innovants

Par Marie Lusset, le 27/10/2020

Le financement est une partie primordiale de l’entreprise, que cette dernière soit en création ou en cours de vie sociale. L’accès à un emprunt bancaire étant de plus en plus difficile, de nouveaux modes de financement innovants émergent ces dernières années…

Le Blog du Dirigeant vous explique !

Les modes de financements innovants

Les entreprises ont besoin de financement à tout stade de leur vie, que ce soit pour se créer comme pour se développer en cours de vie sociale. Avec l’évolution technologique et digitale de notre économie, de nouveaux modes de financement se développent permettant aux entrepreneurs et créateurs de diversifier et augmenter leurs chances d’obtenir du financement pour leurs projets.

Avec le climat économique et financier actuel, il est devenu très compliqué pour les entreprises d’accéder à des prêts bancaires, les établissements bancaires demandant de plus en plus de garantie aux créateurs, notamment en termes de fonds propres. Les entrepreneurs ont donc dû trouver de nouveaux moyens de financement afin de contourner les établissements de crédits, et les sources traditionnelles de financement professionnelles. Parallèlement au déclin du rôle des banques dans le financement d’entreprises, c’est le rôle des particuliers qui ne cesse de se développer.

Le financement participatif comme mode de financement innovant

Le financement participatif, ou crowdfunding est un nouveau mode de financement ayant émergé ces dernières années, rendu possible par l’essor d’internet.

Le principe du financement participatif, aussi appelé le financement par la foule, est simple : les particuliers ou toutes personnes intéressées donnent, prêtent ou investissent une somme d’argent dans des projets, via des plates-formes de crowdfunding en ligne, pour leur permettre de voir le jour. Ce mode de financement dispose de deux avantages : il permet d’obtenir des fonds, mais il permet également de créer une petite communauté autour de l’entreprise et de ses produits ou services.

Le principe du financement participatif est un peu similaire à celui de la love money, car il permet d’obtenir des fonds d’une multitude de particuliers, investissant généralement des petites sommes. En revanche, à la différence de la love money où les fonds investis, le sont par les proches du créateur, le financement participatif consiste à se faire financer par des particuliers, inconnus par le biais de plate formes en ligne. Pour autant ces deux modes de financement ne sont pas exclusifs l’un de l’autre, la love money est généralement la première source de financement dans la chronologie du projet, complétée par le financement participatif une fois le projet un peu plus élaboré, complet.

Le financement participatif nécessite donc d’expliquer et d’exposer son projet d’entreprise, ainsi que les offres de produits et services que l’entreprise va développer afin de convaincre les tiers d’investir et de croire en leur projet.

Le crowdfunding est souvent utilisé en complément d’autres modes de financement, dans un but d’augmentation des fonds propres lorsque la somme requise est importante.

Il existe différents types de crowdfunding :

Le crowdfunding sous forme de dons

Le crowdfunding sous forme de don est la forme la plus connue de financement participatif. Le don peut avoir une contrepartie à hauteur du montant versé, comme peut être totalement dénué de contrepartie.

Le crowdfunding peut également s’effectuer en vendant des produits en cours de développement, c’est-à-dire qu’il est possible de financer son projet alors qu’il n’en est encore qu’au stade de l’idée. Les investisseurs donnent des fonds à l’entreprise, et voient leur contrepartie dans l’obtention de biens une fois ces derniers produits. Il est également possible d’obtenir des avantages complémentaires, notamment en fonction de la somme investie.

Le crowdlending

Le crowdlending est le financement participatif sous forme de prêt. Il existe plusieurs possibilités dans ce cadre, les prêts solidaires à taux zéro, et les prêts rémunérés

Les prêts solidaires à taux zéro

Cette forme n’est pas la plus répandue, et est plus adaptée aux projets personnels qu’aux véritables projet entrepreneuriaux. Dans ce cadre, les emprunteurs remboursent la somme empruntée sans verser d’intérêts.

Les prêts rémunérés

Dans ce cadre, ce sont des particuliers qui prêtent des fonds à des entreprises souhaitant développer leur activité. Ils reçoivent en échange un rendement qui dépend du risque étant associé au projet, mais également de la durée de l’emprunt.

Cette solution de financement comporte l’inconvénient de dépendre en grande partie de la communication de l’entreprise autour du projet de financement afin de toucher un maximum de personnes susceptibles d’investir. Dans l’hypothèse, où la somme requise n’est pas rassemblée à l’issue de la période prévue, l’entreprise ne reçoit pas les fonds, et les particuliers ne sont pas prélevés. Cela représente donc une prise de risque pour l’entreprise.

A la différence du crowdfunding, le crowdlending est un placement pour les investisseurs, un rendement financier est donc attendu. Ce mode de financement ne demande quasiment pas de garanties, et offre donc un accès facile au financement, a un taux  beaucoup plus élevé qu’un prêt bancaire, inconvénient qu’il convient de bien prendre en considération.

Le crowd equity

Dans le cadre du crowdequity, l’investissement réalisé peut être sous plusieurs formes. Il est possible d’investir en capital dans l’entreprise. Ce sont des particuliers qui investissent dans une entreprise, en échange de parts de cette dernière, ils en deviennent donc actionnaires. Leur rémunération peut dépendre soit des bénéfices réalisés par l’entreprise et des dividendes, soit des éventuelles plus-values de cession de parts.

Le crowdequity peut également prendre la forme d’obligations : dans cette hypothèse la rémunération des investisseurs prend la forme d’intérêts.

Les royalties

Les royalties sont un mode de financement qui permet aux créateurs et entrepreneurs d’obtenir des fonds sans pour autant avoir à diluer leur capital, et tout en s’assurant que les montants remboursés en contrepartie de l’investissement ne soient pas un poids pour leur trésorerie. En effet, le principe des royalties est d’obtenir en contrepartie de l’investissement, une somme d’un montant proportionnel au chiffre d’affaire de l’entreprise, conformément à ce qui a été conclu dans le contrat entre les deux parties.

Ce mode de financement est aisé d’utilisation : le contrat passé entre le créateur et l’investisseur a une durée déterminée, et le versement des royalties s’arrête naturellement à échéance du contrat, sans qu’il n’y ait besoin de faire quoique ce soit.

La blockchain et la tokenisation

La blockchain peut être définie comme une « technologique de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle ». (Blockchain France).

La tokenisation est la “création de la représentation numérique d’un actif sur une blockchain“. (Blockchain France). La tokenisation désigne l’inscription d’un actif et de ses droits sur un token (jeton numérique) afin d’en permettre la gestion et l’échange en pair à pair, sur une blockchain de façon instantanée et sécurisée.

La tokenisation a vu son rôle grandir ces dernières années dans le cadre du financement des starts ups. Cela consiste à émettre des actifs sous forme de jetons numériques, sur une blockchain, par le biais d’un smart contract, et à leur donner une valeur reconnue par ses utilisateurs.

Le token peut être assigné à tout ce qui fait de la valeur dans l’entreprise. Le token permet d’effectuer une transaction entre deux parties de manière transparente, automatique, et à faible cout. La tokenisation permet aux entreprises de lever des fonds, souvent en échange d’une promesse d’accès à un produit ou un service, avant sa mise en place.

La levée de fonds

La levée de fonds est une prise de participation des investisseurs au capital de la société. Cela consiste en l’émission de titres de votre société, vendus aux investisseurs. Les investisseurs peuvent être des business angels, des capitals risqueurs, ou des fonds d’amorçage. Le but des investisseurs est de réaliser une plus-value sur un court terme.

Une fois la levée de fond effectuée, les investisseurs deviennent actionnaires de votre société, ils participent donc aux assemblées générales et disposent de droits en fonction de ce qui a été définit dans les statuts de l’entreprise, ou dans le pacte d’actionnaires.

L’avantage de la levée de fonds est que les investisseurs se rémunèrent eux-mêmes par les plus-values réalisées lorsqu’ils revendent leurs participations. Ce mode de financement ne demande aucun fonds propres ou apport de garantie de votre part.

La levée de fonds permet également de profiter d’autres éléments que les seuls fonds reçus : les investisseurs peuvent apporter un réseau, un carnet d’adresse, mais également leurs compétences et conseils dans la gestion et organisation de l’entreprise, bien que leurs rôles ne soient pas d’intervenir de manière quotidienne dans l’entreprise.

La levée de fonds peut donc être un mode de financement intéressant, mais vous oblige à diluer votre capital, et à faire entrer de nouveaux associés.

La levée de fonds peut intervenir à différents stades de la vie de l’entreprise. Le capital amorçage consiste à lever des fonds lors du démarrage de l’activité, ou bien lors du lancement d’un produit ou d’un service nouveau. A contrario, le capital développement consiste à lever des fonds pour augmenter la croissance de l’entreprise et poursuivre son développement. La levée de fonds dans ce cadre peut servir à améliorer l’offre de produit ou service, mais également à agrandir l’équipe, ou avoir une meilleure communication auprès des clients.

Les BSPCE

Les BSPCE sont les bons de souscriptions de part de créateurs d’entreprise. C’est une catégorie spécifique de stock-options, donnant le droit à leur bénéficiaire de souscrire des titres représentatifs du capital de la société, avec un prix fixé le jour de leur attribution.

Le but des BSCPE est de réaliser une plus-value : il est possible que la valeur des titres change entre le jour de l’attribution des actions et le jour de la cession du titre. Dans l’hypothèse où cette valeur a augmenté, une plus-value sera réalisée.

Il est possible de passer par les BSPCE pour attirer des talents dans votre entreprise, de fidéliser les collaborateurs déjà présents dans l’entreprise, de les impliquer davantage dans le projet de l’entreprise, de faire profiter vos salariés du succès financier espéré en cas de vente de l’entreprise.

Les BSCPE ne sont possibles que dans les sociétés de capitaux, qui réunissent certains critères, au profit des salariés et des dirigeants. Il faut toutefois réunir certaines conditions pour pouvoir émettre des BSCPE, comme être une société par action, soumise à l’impôt sur les sociétés, ne pas être cotée ou petite capitalisation boursière, être immatricule depuis moins de 15ans, que la société soit détenue par des personnes physiques ou des personnes morales elles mêmes détenues par des personnes physiques.

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Financer c’est aussi économiser : le lease back

Financer son activité ne veut pas simplement dire trouver des fonds et augmenter ses fonds propres, le financement de l’entreprise peut également passer par le fait d’économiser ses fonds afin de les consacrer aux axes les plus importants. Le lease back ou cession bail est un de moyens à la disposition des entreprises afin de réduire les dépenses engagées et donc accroitre leur capacité financière.

Il est possible pour une entreprise de ne pas devenir propriétaire des différents outils de production ou certains biens nécessaires à l’entreprise, mais de les utiliser dans le cadre d’une location. L’entreprise ne possède pas les biens, mais détient l’usufruit sur ces derniers. A la fin de la période déterminée de location, l’entreprise peut choisir de devenir propriétaire du bien grâce à l’option d’achat prédéterminé dans le contrat.

Ce mode de financement est utile pour les entreprises qui ont de gros besoins en terme d’immobilisations. Ce mode de financement permet de déduire le lease back du résultat imposable, il est donc intéressant fiscalement également.

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Marie Lusset

Marie Lusset -

Marie Lusset est diplômée d’un master en droit des affaires internationales et d'un master en management et développement des entreprises. Elle accompagne les porteurs de projet à créer leur entreprise et développer leur activité.


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