Épargne : comment bien préparer sa retraite ?

Par Laurent Dufour, le 01/12/2021

Le pouvoir d’achat des retraités est en berne. Le niveau des pensions, corrigé de l’inflation, s’érode année après année. Cette situation ne doit rien au hasard. Les retraités sont de plus en plus nombreux et le financement du système de retraite par répartition (ce sont les actifs qui financent les pensions des retraités) est mécaniquement mis à mal.

bien préparer sa retraite

Pour sa part, l’État doit réaliser des économies budgétaires. Il y a peu d’espoir que la situation des retraités s’améliore dans les années à venir.

De fait, au niveau individuel, les actifs ont tout intérêt à se constituer un capital et des rentes pour compléter leur retraite, c’est le principe de la retraite par capitalisation. Surtout les dirigeants qui cotisent peu. Mettre en place une épargne retraite ne s’improvise pas, il est nécessaire de bien s’informer sur les dispositifs d’épargne et les supports financiers adaptés à cet objectif. Cet article fait le point sur les choses à savoir pour préparer sa retraite financièrement dans les meilleures conditions.

Mettre en place un programme d’épargne le plus tôt possible

En matière d’épargne retraite, il est très important d’anticiper le plus tôt possible. Il n’y a rien de mieux qu’un exemple concret pour s’en convaincre.

Prenons le cas d’un épargnant souhaitant se constituer un confortable matelas d’épargne pour sa retraite. Un actif mettant de côté 600 euros chaque mois, en tablant sur une rémunération de son épargne de 5 %, obtiendra un capital d’environ 488 600 euros au bout de 30 ans.

Maintenant, si l’on prend le cas d’un épargnant se fixant le même objectif de capital, mais qu’il ne dispose que de 20 ans pour capitaliser 488 600 euros, son effort d’épargne devra être de 1200 euros par mois ! Il doit doubler son effort d’épargne par rapport à l’actif qui a anticipé très en amont sa retraite. En pratique, un effort d’épargne de 1200 euros par mois est difficilement supportable pour l’essentiel des actifs. Rappelons que les Français épargnent en moyenne 15 % de leurs revenus.

Comment se fait-il que l’épargnant qui investit sur 30 ans plutôt que sut 20 ans puisse arriver au même capital que le second épargnant avec un effort d’épargne 2 fois moindre ? L’explication est simple : l’épargnant prévoyant bénéficie davantage de l’effet vertueux des intérêts composés. Chaque euro investi génère des intérêts, qui sont à leur tour investis. Le phénomène se répète année après année, la progression du capital suit une loi exponentielle.

Cet exemple nous montre bien qu’il est plus facile d’épargner peu mais de façon régulière et sur un intervalle de longue durée, plutôt que de préparer sa retraite sur ses dernières années de sa vie active.

Le calcul présenté plus haut se base sur un taux de rémunération du capital de 5 %. Ce taux peut paraître élevé aux yeux des épargnants qui ne sont pas familiers avec l’ensemble des solutions d’épargne accessibles aux investisseurs individuels. Nous allons voir qu’il est tout à fait possible d’atteindre ce rendement, pour peu que l’épargnant diversifie son épargne sur des supports dynamiques et privilégie les enveloppes fiscalement attractives pour gérer une épargne à long terme.

Choisir avec soin ses placements

Il existe plusieurs classes d’actifs pour investir son patrimoine. Les principales sont les placements monétaires, les placements obligataires, les actions et l’immobilier.

Les placements monétaires (les livrets d’épargne) et les placements obligataires (auxquels les Français ont accès au travers des fonds euros en assurance vie) offrent une bonne garantie sur le capital investi, mais leur taux de rémunération est très faible (de l’ordre de 1 %). Ces classes d’actifs conviennent pour sécuriser un capital en vue de financer un projet à court ou moyen terme. Mais sur le long terme, ces placements souffrent d’une faible rémunération et d’une mauvaise protection contre l’inflation.

Or, préparer sa retraite est un projet d’investissement à long terme. De fait, les épargnants ont intérêt à se détourner des placements monétaires et obligataires, au profit de placements plus rémunérateurs et plus performants sur le long terme.

Les actions et l’immobilier sont les 2 classes d’actifs offrant historiquement les meilleures performances sur le long terme. Bien que les performances passées ne préjugent pas des performances futures, il y a fort à parier que cela continue d’être vrai à l’avenir dans notre monde capitaliste.

Les actions et l’immobilier délivrent des performances supérieures à 5 %, historiquement en moyenne annuelle lissée. Sous forme de dividendes (pour les actions) ou de loyer (pour l’immobilier). Dans un souci de diversification du risque, les épargnants ont intérêt à investir sur ces 2 classes d’actifs. Les épargnants avec une forte aversion au risque peuvent également investir une partie de l’épargne en fonds euros (accessible en assurance vie ou plan épargne retraite) pour tempérer le risque du portefeuille et sécuriser leur capital à l’approche de la retraite.

Pour optimiser la fiscalité des placements, l’épargnant a intérêt à privilégier des enveloppes capitalisantes telles que l’assurance vie, le plan d’épargne en actions (PEA) ou le plan épargne retraite (PER). Ces dispositifs sont accessibles à tous et présentent un cadre fiscal attrayant, ils permettent de réinvestir les gains réalisés dans l’enveloppe sans friction fiscale tout au long de la phrase d’accumulation du capital. Au moment de la sortie, les régimes d’imposition sont également attractifs, spécialement pour le PEA (pas d’impôt sur le revenu pour les plus-values sortant d’un PEA âgé de plus de 5 ans).

Ces dispositifs permettent d’investir dans des fonds diversifiés en actions. En cas de doute sur l’allocation à suivre, l’épargnant peut d’ailleurs faire le choix d’en déléguer la gestion auprès d’un gestionnaire spécialisé. L’assurance vie et le PER permettent également de loger des supports immobiliers (foncières, SCPI, etc.) Les épargnants souhaitant investir en direct dans des biens immobiliers peuvent quant à eux tirer parti de la fiscalité accommodante du statut LMNP ou de l’investissement en Denormandie. De multiples solutions existent.

Holding patrimoniale

Les entrepreneurs disposent d’une carte à jouer supplémentaire pour organiser leur patrimoine en vue de préparer leur retraite. En effet, ils peuvent apporter les titres de leur société à une holding dite “patrimoniale” et mettre en place un régime mère-fille entre les 2 sociétés. Cette opération comporte de nombreux avantages.

Tout d’abord, dans le cadre du régime mère-fille entre la holding et la société exploitée, l’entrepreneur peut faire remonter des dividendes de la société fille vers la société mère (la holding) avec un frottement fiscal minimal (impôt sur les sociétés sur une assiette de 5 % des dividendes plutôt que flat tax de 30 % en tant que personne physique), et utiliser la holding comme véhicule d’investissement.

Les bénéfices peuvent être réinjectés dans d’autres sociétés, que ce soit via la prise de participation dans des sociétés existantes (private equity) ou l’amorçage et le financement de nouvelles activités. Une holding patrimoniale peut également investir dans des produits financiers classiques tels que des actions ou des fonds d’investissement. Ces produits peuvent être logés au sein d’un compte-titres ou d’un contrat de capitalisation. Au travers de la holding, l’entrepreneur peut aussi investir dans l’immobilier.

L’autre point clé dans ce type de montage est qu’à l’occasion de la revente de sa société fille, l’entrepreneur bénéficie d’un report d’imposition de la plus-value réalisée à la cession de son entreprise. Ainsi, l’entrepreneur disposera davantage de ressources financières à investir. Avec le report d’imposition, il ne sera fiscalement pas pénalisé dans le cas où il souhaiterait racheter une nouvelle affaire.

La holding patrimoniale permet aussi de lisser ses revenus dans le temps. Car l’entrepreneur peut faire le choix de se verser ou non un dividende, d’ajuster sa rémunération en fonction de ses besoins financiers et donc de limiter son niveau d’imposition. En cas de cession de la société fille avant l’âge de la retraite, l’entrepreneur peut profiter de la société holding pour continuer à cotiser pour la sécurité sociale (et ainsi éviter la taxe PUMA) et valider ses trimestres pour la retraite.

En conclusion, les actifs ont vivement intérêt à anticiper leur retraite le plus tôt possible. Dans cet objectif, il existe de nombreux dispositifs pour ce faire. Les dirigeants disposent davantage de marge de manœuvre pour structurer leur patrimoine. Il est recommandé de faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine ou un avocat fiscaliste pour se faire conseiller sur les meilleures solutions pour structurer son patrimoine et optimiser ses finances.

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Laurent Dufour

Fondateur du site Le Blog du Dirigeant. Diplômé d’un master en management (droit, finance, marketing et gestion) et ancien cadre dirigeant, Laurent Dufour conseille et accompagne les créateurs et les dirigeants pour créer, développer et gérer leur entreprise depuis 2010.


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