Qu’est-ce qu’un escompte ? Comment le calculer ?

Par Laurent Dufour, le 29/07/2020

Bien que ce soit un point de gestion essentiel pour toutes les entreprises, maintenir une trésorerie saine, n’est pas toujours facile. Pour financer l’activité de court terme, ou le BFR, de nombreuses sociétés ont recours à l’escompte.


Cette solution de financement peut en effet être utilisée par la majorité des sociétés pour améliorer leur trésorerie. Qu’est-ce que l’escompte ? Comment l’utiliser et comment calculer un escompte ? Cet article fait le point.

Définition d’un escompte

L’escompte peut se définir comme un emprunt de court terme permettant à une société d’être payée d’une facture émise avant sa date d’échéance. Il existe deux types d’escomptes : l’escompte bancaire et l’escompte commercial.

Qu’est-ce qu’un escompte bancaire ?

Le principe de l’escompte bancaire consiste à céder une dette à sa banque qui fait une avance de trésorerie du montant de la dette moins les frais liés à l’opération. Cette dernière se fait rembourser de son avance par le client à la date d’échéance. Pour pouvoir être escomptée, la dette doit prendre la forme d’un effet de commerce.

La banque ne rachète pas la créance, elle fait une avance. Cela lui apporte une garantie de remboursement par le paiement de la dette ou par le remboursement de la somme avancée en cas de défaillance du client.

Remarque :

L’effet de commerce est un moyen de paiement échangeable dédié aux entreprises qui n’est rattaché à aucun organisme bancaire. Ce peut être une lettre de change ou un billet à ordre qui met en œuvre trois parties :

  • le tireur qui émet l’effet de commerce,
  • un tiré qui reçoit la consigne de payer le montant dû,
  • et le porteur qui en bénéficie.

Pour se garantir contre de possibles impayés, certaines banques demandent des garanties complémentaires à leur client.

L’escompte bancaire permet aux entreprises d’éviter les découverts bancaires qui sont généralement plus coûteux.

Qu’est-ce qu’un escompte commercial ?

L’escompte commercial est un escompte qui se fait directement entre une société et son client. Il consiste à proposer au client de régler sa facture avant la date d’échéance moyennant une remise. Il ne nécessite donc pas de passer par un effet de commerce.

L’escompte commercial est un outil de financement. Il offre l’avantage pour l’entreprise d’améliorer sa trésorerie sans passer par un partenaire bancaire. Il est généralement moins coûteux qu’un financement bancaire (découvert, Dailly, affacturage, …). Autre avantage, en raccourcissant les délais de paiement, il fait baisser le BFR (besoin en fonds de roulement) de l’entreprise sans passer par une solution de financement externe.

Comment calculer un escompte ?

Escompter une facture a un coût qui dépend du taux d’escompte négocié et de la durée du financement. En effet un escompte de 60 jours n’aura pas le même prix qu’un escompte de 30 jours.

Le montant de l’escompte se calcul sur la base du montant HT de la facture escomptée et du taux d’escompte selon la formule suivante :

Escompte = Montant facture HT x Taux d’escompte (en %) x nombre de jours de l’escompte / 360

Illustration :

Lorsqu’une entreprise escompte une facture elle ne perçoit qu’une partie de la facture qui se calcule selon la formule suivante :

  • Montant perçu par l’entreprise HT = Montant de la facture HT x (1- Taux d’escompte x nombre de jours de l’escompte / 360)
  • Ainsi une entreprise qui escompte une facture de 1 000 euros HT pour un taux de 3% annuel pendant 2 mois (60 jours) percevra 995 € HT (1000*(1x-x3% x 60/360)]. Il faudra ajouter le montant de la TVA sur les 995 € (à savoir 199€ si la TVA est de 20%)
  • Le montant de l’escompte sera de 5 € HT [1000 x 3% x 60/360) et 6€ TTC.

Avantages et inconvénients de l’escompte bancaire

Dès lors que les taux ont été négociés avec votre banquier, l’escompte est une solution facile et rapide à mettre en œuvre.

Elle permet aux entreprises de préserver la trésorerie. Pour autant, l’escompte disposes de plusieurs inconvénients :

  • Il représente un coût supplémentaire qui vient rogner la marge de l’entreprise ;
  • La banque peut demander son remboursement lorsqu’elle ne parvient pas à être payée du client. L’escompte est une avance de trésorerie qui soit être distinguée d’une solution de recouvrement.
  • Il ne traite pas le problème des délais de paiement et peut venir masquer les difficultés de paiement d’un ou plusieurs clients.
  • L’escompte n’est pas un financement illimité. Il dépend du montant de la ligne d’escompte négocié chaque année avec votre partenaire bancaire. Ce dernier peut la diminuer s’il estime que la santé financière de l’entreprise se dégrade ou que ses clients sont de moins en moins solvables.
  • Il ne s’adresse qu’à certaines entreprises. Les entreprises en difficulté ou en création n’ont généralement pas accès à l’escompte bancaire.

Les autres moyens de financement de court terme

D’autres solutions permettent de financer les besoins de trésorerie de court terme.

L’affacturage

L’affacturage est une solution qui s’apparente à l’escompte mais qui s’appuie sur une facture et non un effet de commerce.

C’est une solution à la fois plus simple et moins contraignante puisque la banque finance l’entreprise dès lors qu’elle a émis une facture qui entre dans les conditions négociées.

Le reverse factoring

Le reverse factoring ou affacturage inversé est une solution de financement qui consiste à :

  • réaliser des gains que les revenus provenant de l’anticipation des paiements réalisés par les fournisseurs ;
  • renforcer le BFR, dans certaines limites.

Le reverse factoring nécessite 3 intervenants :

  • Une société qui signe négocie des conditions avantageuses avec un factor,
  • Un fournisseur qui accepte un contrat d’affacturage simplifié ;
  • Un factor qui traite avec les deux parties.

L’acheteur de la société communique les factures de ses fournisseurs qu’il a précédemment validé au factor. Ce dernier les finance dès réception.

Cette solution apporte plusieurs avantages à la société :

  • Une augmentation de la marge par l’escompte qui sera obtenu grâce au paiement comptant. L’idée est d’obtenir des conditions attractives qui couvriront largement les charges des intérêts et des frais liés à l’opération de reverse factoring.
  • Une trésorerie saine et un BFR maîtrisé.
  • Une baisse des dépenses administratives puisque la société n’a plus qu’à régler un seul partenaire à des dates prédéterminées. Cela améliore grandement la gestion de la trésorerie.
  • Une fidélisation des fournisseurs essentiels.
  • Une protection des marges arrière dans l’éventualité d’une défaillance de la part du fournisseur grâce à la réserve spéciale qui aura été prévue dans la convention d’affacturage)

Les fournisseurs bénéficient d’un paiement comptant et d’une amélioration de leur trésorerie.

Le crédit fournisseur

Le crédit fournisseur consiste à allonger les délais de paiement de l’entreprise auprès de ses fournisseurs. Le crédit fournisseur est le premier mode de financement à utiliser lorsque l’entreprise à un besoin de trésorerie puisqu’il ne coûte rien.

C’est toutefois un financement qui ne plait pas et envoie des messages négatifs aux partenaires de l’entreprise. Il faut éviter d’en abuser au risque de voir les conditions financières des fournisseurs se durcir.

Le législateur à réglemente les délais de paiement afin de réduire les abus qui ont été observés.

Le financement de fournisseurs

Le financement de fournisseur consiste à payer ses fournisseurs sans délais de paiement afin de négocier un escompte commercial avantageux.

Il offre une garantie de paiement auprès des fournisseurs, sécurise la relation commerciale et permet de négocier de bonnes conditions.

La cession de créance Dailly

La cession Dailly consiste à faire financer certaines factures grâce à un transfert de propriété de la facture vers un établissement bancaire. En compensation l’établissement accorde une ligne de crédit de court terme avec des conditions spécifiques.

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Laurent Dufour

Laurent Dufour -

Fondateur du site Le Blog du Dirigeant. Diplômé d’un master en management (droit, finance, marketing et gestion) et ancien cadre dirigeant, Laurent Dufour conseille et accompagne les créateurs et les dirigeants pour créer, développer et gérer leur entreprise depuis 2010.


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