Financer sa création d’entreprise

Par Laurent Dufour, le 18/09/2019

Après l’idée et la maturation du projet de création d’entreprise, arrive la réalité des besoins et la nécessité de trouver un moyen d’y faire face.
Le Financement du projet de création est la première préoccupation du dirigeant après le choix de sa structure juridique !

Financer sa création d’entreprise

Les choix financiers et juridiques sont toutefois intimement imbriqués. La Stratégie juridique et financière conditionne votre réussite de demain.

Si les conditions de financement vous semblent réunis reste toutefois à organiser les moyens et connaitre les méthodes pour obtenir le financement de sa création d’entreprise.

LES CONDITIONS DE FINANCEMENT

Le projet

La nature et le secteur d’activité du projet de création d’entreprise jouent un rôle capital dans la recherche de financement. La crise n’a pas épargné certains secteurs et nous ne pouvons ignorer la réticence des banques et des institutions à intervenir sur ces secteurs sinistrés comme pour les restaurateurs, coiffeurs, pharmaciens… Réticence ne signifie toutefois pas impossibilité de financement car chaque projet est unique et mérite d’y croire !

Pour trouver un financement, le projet doit être en cohérence avec le marché, c’est-à-dire répondre à un besoin naissant ou existant. Sans clients potentiels, le projet ne trouvera pas d’intérêt et risque même de vous mener à de graves difficultés. Sans forcément faire une étude de marché, vous pourrez notamment recueillir des précommandes ou intentions de futurs clients. Cela vous assurera et rassurera également vos partenaires financiers.

Le porteur du projet

On dit souvent qu’un investisseur finance autant, sinon plus le porteur de projet de création d’entreprise que le projet en lui même, c’est dire l’importance du future dirigeant dans la recherche de financement. Il semble évident que le porteur du projet doit avoir des compétences pour animer le projet qu’il souhaite initier. Plus l’expérience sera solide et plus vos partenaires financiers seront rassurés.

Cela n’interdit pas à ceux qui initient une reconversion de créer leur entreprise mais il conviendra pour eux de s’assurer des possessions de l’ensemble des acquis ou des personnes qui pourront leur apporter ces compétences.

L’apport financier

Encore plus aujourd’hui, sans apport aucun projet ne se finance ! Il parait en effet difficile pour un financeur, de miser sur un projet dont le principal intéressé ne s’implique pas financièrement.

Les apports constituent dans la majorité des cas le capital de la société en création.Toutefois attention, même si il est juridiquement possible de créer une EURL, SARL, SAS ou SASU à 1€ de capital cela ne signifie pas que vous devez le faire.

Même si au moment de la création vous n’éprouvez pas de besoin financier n’oubliez jamais que votre société doit vivre le plus longtemps possible et que c’est au cours des trois premières années qu’une majorité des sociétés sociétés périclitent par manque d’anticipation.

Les besoins à financer

Lors de la création vous allez devoir financer le plus souvent :

  • des investissements matériels (bureau, ordinateur, véhicules, engins…)
  • des investissements immatériels (licence, honoraires de création…),
  • votre cycle d’exploitation : stocks, trésorerie,…

Toutefois les banques éprouvent des réticences pour financer certaines catégories de besoins et surtout en création ! Notamment le stock, la trésorerie et les besoins immatériels !

C’est pourquoi vous devrez anticiper l’ensemble des moyens de financement afin de boucler votre plan de financement : besoin/ressources et cela sur trois ans.

Afin de s’assurer de la réussite du dossier de financement il faudra

  1. prioritairement obtenir le financement des fonds propres (ou de votre capital),
  2. pour ensuite pouvoir présenter une demande de financement complémentaire à votre banque !

Règle essentielle :

Travaillez le financement de votre projet par étapes, commencez par financer vos fonds propres. Pour cela n’hésitez pas à identifier plusieurs financeurs de natures différentes (perso, publique, privé, national, régional, …) qui seront heureux de mutualiser les risques liés au financement d’une jeune entreprise. N’oubliez pas de penser aux garanties ( BPI France, …).

Dans un second temps cherchez les financement pour le reste de vos besoins. Enfin gardez des capacités d’investissement personnels, elle vous seront certainement utiles dans le futur.

LES MOYENS DE FINANCEMENT

Le financement des fonds propres dit financement permanent ou financement par le haut de bilan

Les fonds propres sont constitués le plus souvent des apports personnels du dirigeant et d’autres associés.

Les Apports personnels du dirigeant

Le plus souvent ils sont obtenus en débloquant l’épargne ou en faisant appel au prêt familial (la « love money »). Si toutefois vous n’avez pas d’épargne ou de moyens familiaux alors il existe également plusieurs dispositifs de financements personnels du dirigeant à taux 0%, dit Prêt d’honneur. Ils offrent un financement à titre personnel qui sera affecté au capital de la société. Plusieurs réseaux existent, comme Initiatives France, Réseau entreprendre, …

La plupart du temps, l’argent apporté par les fondateurs (économies, indemnisation pole emploi, ..) et la love money ont deux utilités :

  • autofinancer certains aspects du projet  qui ne sont pas pris en compte par les établissements bancaires (étude de marché, formalité de création, rémunération du porteur de projet, trésorerie de départ (BFR), …
  • apporter une crédibilité financière qui rassurera la banque de votre entreprise, mais aussi l’établissement auquel vous aurez éventuellement fait une demande de crédit. Pour mémoire, les banques demandent généralement un apport de 20 à 30 % du montant de l’emprunt.

Le crowdfunding ou financement participatif est une autre source de financement qui, pour d’éventuels partenaires financiers, s’apparente à un apport. Le financement participatif permet de solliciter des donateurs grâce à des plateformes internet. Ce type de financement peut avoir différentes formes (don, prêt, prise de participation). Le fait de parvenir à collecter des fonds représente un gage de sérieux et une preuve de la pertinence du concept supplémentaires auprès des banques et des investisseurs.

Les apports d’associés extérieurs

Le porteur de projet peut faire appel à des compétences ou des moyens extérieurs. Il existe des mesures fiscales pour inciter les investisseurs privés à participer au capital des TPE & PME grâce à une exonération fiscale sur leur impôt sur le revenu ou leur ISF ! Alors avant d’aller constituer un dossier pour l’entrée au capital de Business Angel ou capital risque pensez à proposer votre projet à votre entourage.

Le financement des investissements par le financement moyen long terme !

Le prêt bancaire

La première étape étant réussie, votre banque vous accordera, selon son barème mathématique, le solde du financement de vos besoins sous toutes réserves! Généralement la banque demande 20 à 30% d’apport.

La règle d’OR:
Un bien qui s’utilise sur plusieurs années se finance avec un prêt moyen long terme !

Les concours prêts d’honneurs et subventions

Il aussi possible de trouver des aides, la plupart du temps nationales ou régionales. L’obtention des ces aides est soumise au dépôt d’un dossier et souvent au passage des entrepreneurs devant un jury. Attention à bien vous informer sur les conditions de chaque aide ou subventions, elles ont chacune de caractéristiques différentes.

Il existe des fonds d’investissement dont la vocation et de financer le démarrage des projet. Cette phase appelée amorçage est souvent délicate et nécessite des apports financiers substantiels. Les fonds d’amorçage aident les projets les plus aboutis et les mieux présentés.

Enfin, certaines organisations ou associations extra-bancaires (réseau entreprendre, France initiative, …) accordent des prêts d’honneur. La sélection des dossier étant élevée il est conseiller de se faire aider d’un professionnel pour constituer son dossier de candidature.

L’ADIE propose quand à elle des micro crédits qui peuvent remplacer un crédit bancaire. Ce type de financement est destinée à certains type de projets.

Enfin, même si ce n’est pas du financement directe, BPI France peut intervenir pour faciliter un financement en se portant caution au coté du porteur de projet ou en apportant un complément financier.

Le financement de la trésorerie, par le financement court terme !

Les banques refusent presque toujours le financement d’un besoins de trésorerie, ou du BFR par un prêt moyen long terme.

Par ailleurs, rares sont les banques qui accordent à une entreprise en création un financement court terme par le découvert ou la mobilisation du compte client (affacturage, Dailly, mobilisation de la lettre de change).

C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de mesurer votre besoin de trésorerie par anticipation dans un business plan. Cette démarche vous aidera à apporter le financement nécessaire pour couvrir l’ensemble de vos besoins liés au cycle d’exploitation (cf. nos articles sur le BFR et le financement de la trésorerie).

LES MÉTHODES POUR OBTENIR LE FINANCEMENT DE SON PROJET DE CRÉATION

Le Business plan et dossier d’affaire

Un projet réussi est un projet qui a été étudié et qui a anticipé l’ensemble des contraintes économiques et financières. Le business plan est avant toute chose votre meilleur allié avant d’être le moyen de convaincre vos partenaires.

Votre business plan doit être réaliste et crédible et comporter un certain nombre d’éléments détaillés pour étayer votre démarche (étude de marché, bilan prévisionnel, plan de trésorerie, …).

Tableau de financement sur trois ans

Vos besoins doivent avoir été anticipés et les moyens d’y répondre préparés faute de quoi, vous rencontrerez des difficultés prévisibles. Ces éléments sont reprise dans le tableau de financement et le plan de trésorerie prévisionnel.

Les garanties apportées

Les partenaires financiers demanderont des garanties patrimoniales ou institutionnelles. Les banques accepteront notamment la garantie de OSEO, celle ci ne pourra néanmoins jamais garantir au-delà de 70% du financement.

Par conséquent, attendez-vous à devoir apporter en garantie une partie de votre patrimoine afin d’accéder à la formalisation du financement. Attention à bien mesurer le risque encouru et à sécuriser le patrimoine que vous ne souhaitez pas mettre en caution.

CONCLUSION

En résumé le financement d’un projet de création d’entreprise est parfois complexe, il tient compte de nombreux paramètres dont :

  • L’apport personnel
  • La rentabilité attendue de votre projet
  • Les supports documentaires
  • Le niveau de risque lié au projet
  • La personnalité du porteur de projet
  • ….

L’avis d’un professionnel est souvent un atout décisif. Ce dernier permet, grâce à son expérience, sa connaissance du marché et son réseau de vous aider dans votre recherche de financement.

Petite astuce :
En lui demandant d’intégrer sa prestation dans le financement de votre projet vous pouvez bénéficier d’une aide autofinancée …..

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