Le commodat : Définition, Formation et Fin du contrat

Par Azélie Allion, le 20/06/2023

Le commodat est le contrat en vertu duquel une personne prête gratuitement une chose à une autre personne. Ce type de contrat présente de nombreux avantages que nous allons aborder. Il convient également d’étudier sa formation, les obligations réciproques des parties et la fin dudit contrat. 

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Le commodat, définition 

Le contrat de commodat, également appelé le prêt à usage, est le contrat par lequel l’une des parties va livrer une chose à l’autre partie pour s’en servir. Le preneur devra rendre ladite chose après s’en être servi. 

En outre, le commodat est un contrat en vertu duquel une chose va être prêtée, à titre gratuit, à une autre personne, appelé le commendataire, qui s’engage à la restituer après usage. Le prêteur de la chose, quant à lui, est appelé le commodant. 

La qualification du contrat 

Le commodat, ou prêt à usage, est régi par les articles 1875 à 1878 du Code civil. Trois éléments sont nécessaires pour qu’il soit qualifié comme tel : 

  • La remise d’une chose ;
  • La charge de restitution ;
  • La gratuité ; 

À noter : Par son caractère gratuit, le commodat se distingue du contrat de location d’une chose.

La conclusion du contrat 

Les conditions de fond 

Le commodat ne peut être valablement conclu que si les conditions de fond sont remplies. Il s’agit notamment des éléments suivants : 

  • La capacité du prêteur ; 
  • Le prêteur n’est pas forcément le propriétaire de la chose prêtée (toutefois, une convention contraire peut prévoir qu’il soit obligatoirement propriétaire de la chose pour être autorisé à la prêter) ; 

Remarque : Un commodat peut être conclu par une personne physique mais également par une personne morale (une association ou une société…). 

Les conditions de forme 

Le commodat est un contrat réel. Il doit y avoir une remise de la chose pour que le contrat soit valablement formé. En outre, à partir du moment où la chose prêtée sera remise au commodataire, le commodat sera formé. Par conséquent, si le prêteur, appelé commodant, ne remet pas la chose, objet du contrat, il ne s’agira que d’une promesse de prêt. 

Qui peut rédiger le contrat ? 

Le commodat peut être rédigé par les parties elles-mêmes. Toutefois, il est tout à fait possible, pour vous aider dans la rédaction, d’utiliser un modèle de contrat de commodat. Ceux-ci peuvent être accessibles par le biais de plateformes juridiques en ligne.

Cependant, il est recommandé de faire appel à un professionnel du droit (avocat, notaire) afin qu’il vous conseille et rédige votre contrat de commodat. En effet, en cas de mauvaise rédaction, le contrat de commodat pourrait être requalifé en donation, voire en bail d’habitation ou en bail rural. 

Certes, cette démarche occasionnera des coûts, mais vous permettra d’anticiper les conséquences engendrées par une mauvaise rédaction. 

Quels sont les avantages et inconvénients du commodat ? 

Les avantages du commodat 

L’un des premiers avantages du commodat est son caractère gratuit. En effet, il s’agit de l’un des principaux avantages de ce type de contrat. Le commodat est le contrat en vertu duquel une personne, le commodataire, va bénéficier de l’utilisation d’un bien sans avoir à payer une contrepartie financière. 

Le commodat présente une certaine flexibilité. En ce sens, qu’il est souvent conclu pour une durée déterminée et spécifique. En effet, le commodataire peut utiliser le bien pour une période définie. Il n’est pas contraint de s’engager sur le long terme. 

Ce contrat permet également de mettre à disposition du commodataire des biens spécifiques qui peuvent être coûteux ou difficiles à obtenir à la location. En effet, par exemple, le commodat peut permettre à une entreprise d’utiliser temporairement un équipement spécialisé pour la réalisation ou confection d’un projet spécifique. Cela lui permet de ne pas investir des sommes conséquentes. 

Les inconvénients du commodat 

Tout d’abord, l’absence de garantie de propriété pour le commodataire. En effet, il s’agit d’un prêt et par conséquent, le commodataire n’acquiert pas le droit de propriété sur le bien prêté. Par conséquent, le commodataire ne peut pas aliéner le bien à un tiers. 

De plus, le commodataire peut limiter l’utilisation du bien, objet du commodat. Dans cette hypothèse, le commodataire doit obtenir l’accord du commodant pour transformer ou modifier le bien prêté. 

Enfin, le commodataire ne peut utiliser le bien prêté que pour l’usage définit dans le contrat de commodat.

Les différences entre le commodat et le bail commercial

Le commodat est un contrat en vertu duquel le bien est mis gratuitement à disposition du commodataire. En effet, aucune contrepartie financière ou paiement d’un loyer n’est exigé. Tandis que dans le cadre d’un contrat de bail, le locataire est tenu de verser une contrepartie au bailleur. En effet, en échange de l’occupation du bien, le locataire est tenu de verser un loyer au bailleur. 

Ensuite, généralement, le commodat est conclu pour une durée déterminée. À l’issue de celle-ci, le commodataire va restituer le bien au commodant. A contrario, le bail peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée. Il est également possible qu’il se renouvèle automatiquement ou qu’il soit prolongé. 

Par le contrat de bail commercial, le locataire dispose davantage de liberté. En ce sens, le locataire va disposer d’une plus grande liberté quant à l’utilisation et à la transformation du bien, sous réserve du respect des dispositions contractuelles et légales. En effet, il doit tout de même respecter les termes du contrat. Tandis que le commodat prévoit le prêt d’un bien pour un usage défini et temporaire. De plus, le commodataire ne dispose pas d’une grande liberté pour transformer le bien. 

Le commodat : Obligations réciproques des parties 

Comme tout contrat, le commodat impose le respect de certaines obligations réciproques des parties. 

Les obligations pour le commodant 

Les obligations du commodant, également appelé prêteur, sont régies par les articles 1890 à 1891 du Code civil. 

Tout d’abord, le commodant est tenu de rembourser les dépenses. Il convient de distinguer les dépenses liées aux entretiens courants de celles liées aux entretiens nécessaires pour éviter la dégradation de la chose. 

S’il s’agit des dépenses liées aux entretiens courants, les frais seront supportés par le commodataire (l’emprunteur). 

S’il s’agit des dépenses liées aux entretiens nécessaires pour éviter la dégradation de la chose, le commodataire doit avancer les frais. Il pourra être remboursé par le commodant si cet entretien était nécessaire, urgent et extraordinaire. 

Également, en cas de défaut de la chose, le commodant se doit d’avertir le commanditaire. Toutefois, il n’y a aucune garantie des vices cachés. En cas de non avertissement, le prêteur peut être tenu responsable. Il l’est davantage si le défaut est caché et qu’il n’a pas prévenu le commodataire. 

Les obligations pour le commodataire 

Les obligations du commodataire, également appelé emprunteur, sont régies par les articles 1880 à 1887 du Code civil. 

La première obligation est celle du respect d’un usage délimité de la chose. En effet, il n’y a aucun transfert de propriété donc l’usage est limité à l’usus et non aux autres attributs du droit de la propriété à savoir le fructus et l’abusus. 

À noter : L’article 544 du Code civil dispose que « la propriété est le droit de jouir et de disposer des choses ». L’abusus correspond au fait de pouvoir disposer de la chose et le fructus de tirer profit des fruits qu’elle procure. Quant à l’usus, il correspond au droit d’user de la chose. 

Dans un commodat, l’usage de la chose sera délimité par le contrat. Par conséquent, le commodataire ne pourra aller au-delà de cet usage.  

Ensuite, le commodat est un contrat intuiti personae. En ce sens, le commodataire ne peut prêter la chose à un tiers. 

Remarque : On dit qu’un contrat est intuiti personae lorsqu’il est conclu en considération de la personne. En ce sens, que la personnalité des co-contractants va déterminer la validité du contrat.

Également, le commodataire a un devoir de conservation. Par ailleurs, c’est ce que souligne l’article 1880 du Code civil qui dispose que « L’emprunteur est tenu de veiller raisonnablement à la garde et à la conservation de la chose prêtée. Il ne peut s’en servir qu’à l’usage déterminé par sa nature ou par la convention ; le tout à peine de dommages-intérêts, s’il y a lieu ». Il s’agit d’un usage raisonnable de la chose. 

À noter, il est tout à fait possible d’effectuer des travaux sur la chose à condition que le propriétaire soit prévenu et ait donné son accord. 

Enfin, le commodataire doit restituer la chose en nature. Ce qui signifie qu’il doit rendre la chose prêtée comme telle et ne doit pas, à la place de rendre le bien, verser une contrepartie financière. 

Exemple : Si vous empruntez la voiture A, vous devez restituer la voiture A au prêteur et non la voiture B. 

La fin du contrat 

Le commodat va prendre fin à la date fixée dans le contrat. En effet, généralement, le commodat est conclu pour une durée déterminée. Par conséquent, les parties, à savoir le commodant et le commodataire, ne peuvent pas rompre le contrat de manière anticipée. Toutefois, si jamais ils le souhaitent, cela est possible d’un commun accord. 

Si le commodat est conclu pour une durée indéterminée, le commodant peut mettre fin au contrat, à tout moment à condition de respecter un délai de prévenance raisonnable. 

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Azélie Allion

Étudiante en Master Droit des affaires, spécialisée en Droit de la propriété industrielle à l'Université de Lille.


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