Dirigeant : et si vous investissiez à votre tour dans des entreprises non cotées ?
En tant que chef d’entreprise, vous savez mieux que quiconque ce qui fait la valeur d’une société non cotée : une équipe, un marché, une exécution. C’est précisément ce que finance le private equity, ou capital-investissement, prendre une participation dans des entreprises non cotées pour les accompagner, puis céder cette part avec une plus-value.

Pour un dirigeant qui dispose d’une traésorerie excédentaire ou d’un capital à réinvestir, c’est une classe d’actifs presque naturelle. Des sociétés de gestion agréées par l’AMF, comme Private Corner, la rendent aujourd’hui accessible à la clientèle patrimoniale. Voici ce qu’un dirigeant doit en connaître.
Investir dans ce que vous connaissez : l’entreprise
Le private equity consiste à entrer au capital de sociétés non cotées, PME, ETI, start-up, pour financer leur croissance, leur transmission ou leur transformation. Là où la Bourse expose aux humeurs quotidiennes des marchés, le non coté repose sur des fondamentaux que tout dirigeant maîtrise : chiffre d’affaires, rentabilité, qualité du management. C’est un pari sur des entreprises réelles, sur un horizon long, et non sur une courbe de cours.
Une performance qui parle aux entrepreneurs
L’attrait est d’abord chiffré. À fin 2025, le capital-investissement français affichait un taux de rendement interne (TRI) net de 10,7 % par an sur dix ans, selon la 32ᵉ édition de l’étude France Invest / EY, au-dessus du CAC 40, de l’ordre de 9,5 % sur la même période (dividendes réinvestis). En léger recul par rapport aux années précédentes, mais toujours à un niveau élevé. Cette surperformance vient de la création de valeur au sein des entreprises (croissance, gains de productivité, croissance externe), un langage familier à tout dirigeant. Ces moyennes masquent toutefois de forts écarts entre fonds : la sélection est déterminante.
Diversifier au-delà de son propre patrimoine professionnel
Beaucoup de dirigeants ont l’essentiel de leur patrimoine concentré dans leur propre société. Le private equity permet de diversifier ce risque tout en restant dans un univers que l’on comprend : d’autres entreprises, d’autres secteurs, d’autres géographies. Peu corrélé aux marchés cotés, il aide à lisser la volatilité d’un patrimoine global. On peut y répartir son exposition par stratégie (capital-transmission, capital-développement, infrastructures), par millésime et par zone, pour ne pas dépendre d’un seul pari.
Comment y accéder ?
Historiquement, ces fonds exigeaient des tickets de plusieurs millions d’euros, réservés aux institutionnels. Des sociétés de gestion spécialisées regroupent désormais les souscriptions de plusieurs investisseurs, ce qui ramène le ticket d’entrée autour de 100 000 euros, parfois moins selon les véhicules. L’investissement passe par un intermédiaire (conseiller en gestion de patrimoine, banque privée ou family office) qui aide à calibrer l’allocation et à sélectionner les fonds.
Les points de vigilance
Le non coté impose sa temporalité. Le capital est immobilisé sur huit à douze ans, les distributions n’arrivent qu’après plusieurs années, et le risque de perte en capital est réel. Les professionnels recommandent de n’y consacrer qu’une part mesurée de son patrimoine, souvent de 5 % à 15 %, et de conserver une trésorerie disponible par ailleurs. À ces conditions, investir en private equity permet à un dirigeant de faire fructifier son capital là où il a toujours créé de la valeur : dans l’entreprise. Il faut toujours garder à l’esprit qu’investir dans des actifs non cotés présente des risques, notamment de perte en capital et de liquidité.

