LA PRÉVOYANCEDU DIRIGEANT-GUIDE COMPLET

Protéger sa famille, ses revenus, son entreprise
Guide complet prévoyance

Sommaire


Toutes les données chiffrées sont à jour au 1er janvier 2026 (PASS de 48 060 €). Ce contenu a une vocation strictement informative et ne constitue pas un conseil personnalisé.


La prévoyance n’est pas une mutuelle santé. C’est une nuance fondamentale, et pourtant un dirigeant sur deux confond encore les deux.

La mutuelle santé rembourse les soins (lunettes, dentiste, hospitalisation).

La prévoyance, elle, intervient quand un événement grave – maladie, accident, invalidité, décès – vous empêche de travailler. Elle compense la perte de revenus, pas les frais médicaux.

Pour un salarié classique, l’employeur, la Sécurité sociale et un éventuel contrat collectif d’entreprise prennent le relais quand il s’arrête. Pour un dirigeant, surtout TNS, ce filet est nettement plus mince : l’entreprise continue de générer des charges, mais le revenu personnel peut chuter en quelques jours.


Les quatre risques que la prévoyance couvre

Toute prévoyance bien conçue couvre quatre risques fondamentaux. On les retrouve dans tous les contrats sérieux, mais sous des intensités très variables.

4 risques couverts par la prévoyance

À ces quatre piliers s’ajoutent souvent des garanties annexes : frais généraux de l’entreprise (qui paient les charges fixes pendant votre arrêt), rente conjoint, rente éducation, ou maintien des cotisations sociales.



Prévoyance individuelle ou collective

Deux formats coexistent.

Le choix n’est pas anodin : il conditionne la fiscalité, la portabilité en cas de cessation d’activité, et la liberté de choix des garanties.


Si vous gagnez 6 000 € par mois et que vous tombez malade demain, voici ce que vous touchez vraiment de la Sécurité sociale. Les chiffres sont têtus.

Le système français de protection sociale obligatoire couvre une part des risques, mais avec des plafonds très bas et des conditions strictes. Pour un dirigeant qui gagne plus que le PASS (48 060 € en 2026), l’écart entre revenus réels et indemnités versées devient vertigineux.

Pour un TNS au régime SSI

Affilié à la Sécurité sociale des indépendants, l’artisan, le commerçant ou le gérant majoritaire perçoit, en cas d’arrêt maladie :

  • Une indemnité journalière calculée sur 1/730 du revenu d’activité annuel moyen des trois dernières années, dans la limite du PASS.
  • Un plafond de 65,84 € brut par jour en 2026, soit environ 1 975 €/mois maximum.
  • Une durée maximale de 360 jours sur 3 ans (1 095 jours en cas d’ALD).
  • Une carence de 3 jours, supprimée en cas d’hospitalisation.
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À noter : si votre revenu moyen est inférieur à 4 582 € sur 3 ans, vos IJ peuvent être nulles. Concrètement, un dirigeant qui s’est versé peu de rémunération pour optimiser fiscalement risque de découvrir, en cas d’arrêt, que la Sécu ne lui versera rien.

Pour un dirigeant assimilé salarié (SAS, SASU)

Le régime général est légèrement plus généreux, mais les plafonds restent serrés. Le président de SAS perçoit :

  • Des IJSS maladie de 50 % du salaire journalier de base.
  • Un plafond ramené à 1,4 SMIC depuis le décret n°2025-160 du 20 février 2025 (applicable aux arrêts débutant à compter du 1er avril 2025), soit 41,95 € bruts par jour maximum en 2026 (pour un arrêt débutant à compter du 1er février 2026).
  • Une pension d’invalidité en 3 catégories (1ere : 30 % du salaire annuel ; 2eme : 50 % ; 3eme : 50 % avec majoration tierce personne).
  • Un capital décès forfaitaire de 4 009 € au 1er avril 2026.
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À noter : Si le dirigeant disparaît demain, la famille touche 4 009 €. Pas 400 000 €. Le reste, c’est à la prévoyance de le couvrir.

Au-delà des plafonds, certains risques sont totalement exclus du régime obligatoire :

RisqueCouverture régime obligatoire
Perte d’emploi du dirigeantAucune (sauf GSC ou APPI privé)
Frais fixes professionnels pendant l’arrêtAucune
Capital décès au-delà du forfaitAucune
Rente éducation pour les enfantsAucune
Maintien des cotisations retraitePartielle, sous conditions
Invalidité permanente partielle (33-66 %)Très limitée pour les TNS
Ce constat n’a rien d’idéologique. Il est mécanique. Et il explique pourquoi la prévoyance complémentaire est devenue, pour un dirigeant moderne, aussi indispensable que sa RC Pro.

TNS ou assimilé salarié : le statut change tout

Un EURL gérant majoritaire, un président de SAS et un auto-entrepreneur n’ont pas la même protection sociale obligatoire. Et donc pas les mêmes besoins en prévoyance complémentaire.

Le statut social du dirigeant est déterminé par sa forme juridique et sa fonction. Trois grandes familles cohabitent.

Le TNS (EURL, EI, SARL gérant majoritaire)

L’assimilé salarié (SAS, SASU, gérant minoritaire)

Le micro-entrepreneur

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Idée reçue à corriger :: « Je suis en SAS, donc je suis bien couvert par la Sécu. » Faux. Le régime général est légèrement plus protecteur que la SSI sur certains points (notamment l’invalidité), mais l’IJ maladie est désormais écrêtée à 1,4 SMIC, soit 41,95 €/jour seulement. Pour un président qui se rémunère 8 000 €/mois, l’IJ maximale couvrira environ 1 259 €/mois, laissant un écart de plus de 6 700 €/mois à combler en cas d’arrêt long.

Lexique essentiel

La prévoyance regorge d’acronymes qui font fuir. Pourtant, chacun désigne un événement précis et une indemnisation différente.

3 notions techniques à maîtriser

La franchise (ou délai de carence)

C’est le nombre de jours après le début de l’arrêt avant que la prévoyance commence à verser. Plus elle est courte, plus la cotisation est élevée. Les franchises classiques sont 3, 7, 15, 30, 60 ou 90 jours. Choisir une franchise longue revient à auto-assurer les premiers mois – pertinent si vous avez une trésorerie solide.

Indemnisation forfaitaire ou indemnitaire

Une garantie forfaitaire verse un montant fixe, indépendamment de votre revenu réel au moment du sinistre. Une garantie indemnitaire compense la perte effective, plafonnée à votre revenu réel. Le forfaitaire est plus protecteur mais plus cher ; l’indemnitaire évite le sur-cumul.

Le barème : professionnel, fonctionnel ou croisé

Le taux d’invalidité peut être évalué selon votre capacité à exercer votre métier (barème professionnel, le plus protecteur), votre capacité à effectuer les actes de la vie courante (barème fonctionnel), ou les deux croisés. Lisez bien cette ligne dans votre contrat : un chirurgien dont la main tremble est invalide à 100 % en barème professionnel, mais peut-être à 20 % seulement en barème fonctionnel.


Comment calculer son besoin réel ?

L’erreur classique consiste à demander « le plus possible » ou à se contenter du minimum vendu par défaut. La vraie méthode part de vos charges fixes et soustrait ce que la Sécu verse déjà.

Méthode en 3 étapes pour calibrer vos IJ

Méthode pour calibrer IJ

Exemple chiffré

Un TNS de 42 ans, revenu net 6 000 €/mois, charges fixes 4 500 €/mois.

Et pour le capital décès ?

La règle communément admise par les conseillers patrimoniaux : votre capital décès doit représenter 3 à 5 années de revenus nets, pour permettre à votre famille de maintenir son niveau de vie le temps de se réorganiser.

À ajuster selon : âge des enfants, présence d’un crédit immobilier, situation professionnelle du conjoint, patrimoine déjà constitué.
Méthode d’estimationCalculPour 72 000 €/an
Estimation basse3 ans de revenus216 000 €
Estimation médiane recommandée4 ans de revenus + 20 k€/enfantenviron 328 000 €
Estimation haute5 ans + crédit + 30 k€/enfantà partir de 420 000 €
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À savoir : en SAS/SASU, le régime général ne verse qu’un capital décès forfaitaire de 4 009 €. Quasi-symbolique. Pour un TNS, c’est 9 612 €. Le reste doit être couvert par votre prévoyance ou une assurance vie.

Le levier fiscal Madelin

La loi Madelin (article 154 bis du CGI) permet aux travailleurs non salariés (TNS) de déduire leurs cotisations de prévoyance de leur bénéfice imposable. Bien utilisée, elle réduit le coût net de votre contrat de 30 à 45 %.

Le principe

Les cotisations versées sur un contrat Madelin prévoyance sont déductibles du revenu professionnel imposable, dans la limite d’un plafond fixé par la loi. Cela revient à faire payer une partie de votre prévoyance par l’État, via la baisse de votre impôt sur le revenu.

Le calcul du plafond

Le plafond Madelin prévoyance + santé 2026 est commun aux deux contrats. La formule officielle (article 154 bis CGI) est la suivante

Plafond = (3,75 % × revenu professionnel) + (7 % × PASS)
Avec PASS 2026 = 48 060 €, la part fixe vaut 3 364,20 €. Le plafond global est limité à 3 % de 8 PASS, soit 11 534 € en 2026.

Exemples concrets selon le revenu

Revenu pro annuelPlafond Madelin prévoyance/santéÉconomie d’impôt si TMI 30 %
28 000 €4 414 €1 324 €
50 000 €5 239 €1 572 €
73 000 €6 102 €1 831 €
100 000 €7 114 €2 134 €
200 000 € et plus11 534 € (plafond)3 460 €

Les contreparties à connaître

Le bénéfice fiscal a son revers : les prestations versées par un contrat Madelin (IJ, rentes invalidité, rente conjoint) sont elles-mêmes imposables au titre des revenus, et soumises à cotisations sociales pour les IJ. C’est le principe du « tu déduis aujourd’hui, tu paies demain ».

Le capital décès Madelin, en revanche, n’est pas imposable. Ce point est souvent décisif dans les arbitrages entre contrat Madelin et contrat non-Madelin.

Pour les dirigeants assimilés salariés : l’article 83

Les présidents de SAS et gérants minoritaires n’ont pas accès au Madelin. Ils peuvent en revanche bénéficier d’un contrat collectif d’entreprise au titre de l’article 83 du CGI : les cotisations sont déductibles de l’IS et exonérées de charges (dans certaines limites), et les primes versées par l’entreprise ne sont pas considérées comme un avantage en nature.

Combien coûte une bonne prévoyance ?

La fourchette est large parce que le tarif dépend de quatre variables : votre âge, votre profession, votre niveau de garanties, et la franchise choisie. Voici les ordres de grandeur réels en 2026.

Pour un TNS standard

Commerçant, consultant, artisan, profession libérale : voici les fourchettes observées sur le marché.

ProfilNiveau de couvertureCoût mensuel brutCoût net après Madelin (TMI 30 %)
30-40 ans, métier de bureauIJ 100 €/j + 30 % rente invalidité + 200 k€ décès60 – 100 €35 – 65 €
40-50 ans, métier de bureauIJ 100 €/j + 50 % rente invalidité + 300 k€ décès90 – 150 €55 – 95 €
50-60 ans, métier de bureauIJ 120 €/j + 60 % rente invalidité + 250 k€ décès160 – 280 €100 – 180 €
40 ans, métier manuel (BTP, artisan)IJ 100 €/j + 50 % rente invalidité + 250 k€ décès130 – 220 €80 – 140 €
40 ans, profession libérale santéIJ 200 €/j + 100 % rente invalidité + 500 k€ décès200 – 380 €125 – 240 €

Ces fourchettes sont indicatives. Elles supposent un dirigeant en bonne santé avec un questionnaire médical sans particularité. Un antécédent (cancer, dépression, pathologie cardiaque) peut entraîner une surprime, voire une exclusion de garantie.

6 leviers pour optimiser le coût


L’entreprise elle-même : homme-clé et frais généraux

Protéger le dirigeant, c’est une chose. Protéger l’entreprise contre la disparition du dirigeant, c’en est une autre. Trois dispositifs existent, encore largement méconnus.

L’assurance homme-clé

Régie par l’article 39 du CGI, l’assurance homme-clé est souscrite par l’entreprise sur la tête du dirigeant ou d’un collaborateur dont la disparition (décès ou invalidité) menacerait sa survie.

Le capital versé permet de financer la transition : recrutement d’un remplaçant, recapitalisation, remboursement anticipé de dettes, indemnisation de partenaires.

Les primes sont déductibles du résultat fiscal de l’entreprise (sous conditions), et le capital perçu est imposable. Le dispositif est particulièrement adapté aux PME où la création de valeur dépend fortement d’une ou deux personnes.

L’assurance croisée entre associés

Quand plusieurs associés détiennent une société, le décès de l’un d’eux peut faire entrer les héritiers au capital, ce qui n’est pas toujours souhaitable.

La cross option, ou assurance croisée, prévoit que les associés survivants disposent d’un capital pour racheter les parts du défunt à ses héritiers, à un prix défini à l’avance.

Ce mécanisme évite le conflit d’intérêt entre conjoint survivant (qui veut un bon prix) et associés (qui veulent maintenir le contrôle). Il se combine avec un pacte d’associés bien rédigé.

La garantie frais généraux

Souvent négligée, cette garantie verse une indemnité destinée à couvrir les charges fixes de l’entreprise pendant l’arrêt du dirigeant : loyer professionnel, salaires, électricité, abonnements logiciels, leasing. Elle peut représenter la différence entre une entreprise qui survit et une qui ferme dans les trois mois suivant l’incapacité du dirigeant.

Une PME qui perd son dirigeant pendant six mois sans plan de continuité a une chance sur deux de ne pas s’en remettre. La prévoyance ne sert pas qu’à protéger une famille.


Les douze erreurs à éviter

Au cabinet, on retrouve toujours les mêmes maladresses. Aucune n’est dramatique en soi : elles le deviennent toutes le jour du sinistre, quand il est trop tard pour rectifier.


Les 7 critères pour comparer un contrat

Comparer deux contrats de prévoyance ne se résume pas à comparer deux tarifs.

Voici la grille d’analyse utilisée par les courtiers indépendants pour faire un choix éclairé.

Le barème d’invalidité

Professionnel, fonctionnel ou croisé. Le professionnel est le plus protecteur – exigez-le si vous exercez un métier technique ou physique.

Le seuil d’intervention IPP.

Certains contrats ne versent qu’à partir de 33 % d’invalidité, d’autres dès 16 %. Pour une activité indépendante, plus le seuil est bas, mieux c’est.

Les exclusions

Sports à risque, maladies psychiques, maladies dorsales (lombalgies !), périodes d’attente. La liste varie énormément d’un contrat à l’autre.

La durée maximale d’indemnisation.

1 095 jours en ITT est un standard, mais certains contrats s’arrêtent à 730 voire 365 jours. À éviter.

La revalorisation des prestations.

Un contrat qui verse 3 000 €/mois aujourd’hui mais reste figé pendant 20 ans en cas d’invalidité longue est piégeux. Cherchez une indexation annuelle.

Les modalités de versement.

Indemnitaire ou forfaitaire. Capital ou rente. Versement direct au bénéficiaire ou via la succession. Ces choix ont des conséquences fiscales.

La solidité de l’assureur et le réseau gestionnaire.

Un contrat ne vaut que par celui qui l’honore. Vérifiez la note de l’assureur, l’ancienneté, la qualité du service sinistres, les avis clients. 

A propos de l’auteur : Adrien Puyo – Fondateur de Alaia Patrimoine

Pour plus d’informations, vous pouvez également consulter : https://www.prevoyance-tns-bordeaux.fr/

FAQ : 14 questions fréquentes

La prévoyance est-elle obligatoire pour un dirigeant ?

Non, la prévoyance complémentaire est facultative. Le seul régime obligatoire est celui de la SSI (pour les TNS) ou du régime général (pour les assimilés salariés). Cela dit, son caractère facultatif n’enlève rien à sa nécessité : le régime obligatoire est tellement insuffisant qu’une absence de prévoyance complémentaire constitue une prise de risque majeure pour la famille du dirigeant et pour l’entreprise.

Dans certains secteurs (médical, juridique), des conventions collectives ou ordinales rendent toutefois certaines garanties quasi-obligatoires.

Quelle est la différence entre Madelin et PER ?

Le contrat Madelin couvre les risques de prévoyance (arrêt, invalidité, décès) et la mutuelle santé, avec des cotisations déductibles du revenu pro. Le PER (Plan d’Épargne Retraite) est un produit d’épargne destiné à constituer un complément de retraite, également déductible.
Depuis la loi PACTE de 2019, les contrats Madelin retraite peuvent être transférés vers un PER, mais les contrats Madelin prévoyance sont distincts et conservent leur logique propre. Les deux dispositifs sont cumulables et ont des plafonds indépendants.

Mon contrat Madelin me suit-il si je deviens salarié ?

Le contrat Madelin nécessite un statut TNS pour bénéficier de la déduction fiscale. Si vous devenez salarié ou assimilé salarié, vous pouvez en général conserver le contrat (selon les conditions de l’assureur), mais vous perdez l’avantage fiscal Madelin. Les nouvelles cotisations ne seront plus déductibles.

Une option courante consiste alors à transférer les droits acquis vers un PER ou à conserver le contrat en versement libre, selon votre stratégie patrimoniale.

Qu’arrive-t-il si je ne déclare pas un antécédent médical ?

L’omission ou la fausse déclaration au questionnaire médical est un motif de nullité du contrat (article L.113-8 du Code des assurances). Concrètement, en cas de sinistre, l’assureur peut refuser de verser les prestations, voire annuler le contrat de manière rétroactive avec restitution des cotisations.

La règle d’or : déclarer tout, même les pathologies anciennes ou bénignes. Mieux vaut une surprime ou une exclusion ciblée qu’un contrat fragile qui ne paiera pas le moment venu.

Quelle franchise choisir pour ses indemnités journalières ?


Cela dépend de votre capacité de trésorerie. Une franchise courte (3, 7 ou 15 jours) coûte cher mais protège dès le début de l’arrêt. Une franchise longue (30, 60, 90 jours) baisse fortement la cotisation mais suppose que vous puissiez tenir cette période sans revenu.

Pour la plupart des dirigeants, une franchise de 30 jours est un bon équilibre : elle baisse la cotisation de 15 à 25 % par rapport à 7 jours, et la majorité des dirigeants disposent d’une trésorerie d’un mois.

Mon conjoint collaborateur peut-il être couvert par mon contrat ?

Oui, dans la plupart des contrats Madelin, le conjoint collaborateur peut être assuré sur le même contrat pour le décès et l’invalidité. Pour les indemnités journalières, c’est plus variable : certains assureurs exigent un statut de salarié ou de co-gérant, d’autres acceptent le conjoint collaborateur déclaré.

Le plafond de déduction Madelin est en revanche partagé entre le dirigeant et son conjoint collaborateur – pensez à le calibrer en conséquence.

Combien de temps suis-je indemnisé par la SSI en cas d’arrêt long ?

La SSI verse les IJ pendant 360 jours maximum sur une période de 3 ans consécutifs. En cas d’Affection Longue Durée (ALD) reconnue, ce plafond est porté à 1 095 jours sur 3 ans, soit trois ans complets.
Au-delà, c’est le régime de l’invalidité qui prend le relais, avec ses propres règles et son plafond de prestations bien inférieur au revenu d’activité antérieur.

Mon assurance emprunteur me couvre-t-elle déjà ?

Partiellement. L’assurance emprunteur couvre uniquement le remboursement de votre prêt immobilier en cas de décès, PTIA, ITT ou invalidité (selon les options souscrites). Elle ne verse rien à votre famille pour vivre, ni à l’entreprise pour fonctionner.

Considérez-la comme une brique de votre protection globale, à articuler avec une vraie prévoyance qui couvrira le reste : revenus de la famille, charges fixes, capital pour les enfants.

À quel âge faut-il souscrire une prévoyance ?

Le plus tôt possible, idéalement dès la création de l’entreprise ou du premier crédit immobilier. Trois raisons : le tarif est calibré à l’entrée (souscrire à 35 ans plutôt qu’à 50 économise plusieurs milliers d’euros sur la durée du contrat) ; plus on est jeune, moins il y a d’antécédents médicaux pouvant entraîner exclusions ou surprimes ; la protection débute immédiatement (sauf délai d’attente contractuel).

Que se passe-t-il si l’assureur fait faillite ?

En France, le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) protège les assurés en cas de défaillance d’une compagnie d’assurance. Il garantit jusqu’à 70 000 € par assuré et par contrat (90 000 € pour certaines garanties).

Pour minimiser ce risque, privilégiez les assureurs disposant d’une note solide auprès des agences de notation (S&P, Fitch), et regardez l’ancienneté et la solidité financière du groupe.

Puis-je résilier mon contrat de prévoyance à tout moment ?

Pour un contrat Madelin, la résiliation est encadrée : vous ne pouvez pas l’arrêter du jour au lendemain. Les motifs valables incluent la cessation d’activité, le changement de statut, des difficultés économiques justifiées. Hors ces cas, le contrat doit être maintenu.

Pour un contrat individuel non Madelin, la loi Hamon et la loi Châtel ouvrent des fenêtres de résiliation annuelles. Lisez votre contrat ou demandez à votre assureur les conditions exactes.

Les indemnités versées par mon contrat sont-elles imposables ?

Cela dépend du contrat. Pour un contrat Madelin, les IJ et rentes sont imposables dans la catégorie des revenus professionnels (pour les IJ) ou des pensions (pour les rentes invalidité, conjoint, éducation). Elles sont aussi soumises aux cotisations sociales.

Pour un contrat non Madelin, les prestations sont en principe non imposables, puisque les cotisations n’ont pas été déduites. Pour le capital décès, les sommes sont généralement transmises hors succession, dans le cadre fiscal de l’assurance vie (article L.132-12 du Code des assurances).

Faut-il privilégier un contrat individuel ou collectif ?

Pour un TNS, le contrat individuel Madelin est généralement la solution la plus adaptée. Pour un assimilé salarié dans une SAS comptant plusieurs salariés, le contrat collectif (article 83) est souvent plus avantageux car les cotisations sont mutualisées et la fiscalité IS est intéressante.

Pour un dirigeant seul dans sa SAS/SASU, on peut soit mettre en place un contrat collectif « à étage unique » (pour le seul dirigeant), soit opter pour un contrat individuel. L’arbitrage dépend de la stratégie globale et de la fiscalité.

Comment se passe une déclaration de sinistre ?

En cas d’arrêt de travail, le dirigeant doit envoyer à l’assureur, dans un délai contractuel (souvent 5 à 15 jours) : l’arrêt de travail initial du médecin, une attestation de l’employeur ou de l’expert-comptable précisant la fonction et la rémunération, et le formulaire de déclaration de sinistre fourni par l’assureur.

L’assureur peut ensuite demander des examens médicaux complémentaires ou diligenter un médecin-conseil. Le versement des IJ se fait après expiration de la franchise. Pour les sinistres graves (invalidité, décès), une expertise médicale plus approfondie est en général menée.

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