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Quelles sont les meilleures plateformes de paiements internationaux pour les entreprises ? Comparatif
Une plateforme de paiements internationaux permet à une entreprise d’envoyer, de recevoir et de convertir des fonds dans plusieurs devises, depuis une interface unique. Ces solutions s’adressent aux entreprises qui achètent à l’étranger, vendent hors de leur marché domestique ou rémunèrent des prestataires et des salariés dans d’autres pays.

Le marché des plateformes de paiements internationaux regroupe des acteurs de nature très différente : plateformes d’encaissement en ligne, comptes multidevises, spécialistes du change, et acteurs titulaires d’une licence bancaire complète. Leurs statuts réglementaires ne sont pas équivalents, et cette différence détermine la protection des fonds.
Qu’est-ce qu’une plateforme de paiements internationaux ?
Concrètement, ces plateformes remplissent trois fonctions selon les cas : l’encaissement de clients étrangers, l’envoi de fonds vers des bénéficiaires étrangers, et la conversion de devises.
On distingue trois dominantes, étant entendu que plusieurs acteurs couvrent les trois.
L’encaissement (acquisition)
C’est la partie traitement des paiements par carte et des moyens de paiement locaux pour les sites e-commerce, les marketplaces et les applications. Exemples : Stripe, Adyen, Checkout.com.
Les comptes multi-devises et le transfert
Ce sont les coordonnées bancaires locales dans plusieurs pays, détention de soldes en plusieurs devises, paiements sortants et paiements de masse. Exemples : Wise Business, Revolut Business, Airwallex.
Le change et la trésorerie
Cela évoque la conversion de devises, couverture du risque de change et paiements de gros montants, souvent avec un interlocuteur dédié.
Quels sont les avantages et les inconvénients d’une plateforme de paiements internationaux ?
Le principal avantage d’une plateforme de paiements internationaux est la lisibilité et la réduction du coût de change par rapport à un virement bancaire classique. Sa principale limite tient au statut réglementaire de l’entité utilisée, qui conditionne la protection des fonds et l’accès au crédit.
Quels sont les avantages à utiliser une plateforme de paiement international ?
- Le taux de change appliqué est proche du taux interbancaire, avec une commission affichée séparément avant l’exécution
- Les comptes multidevises évitent la double conversion : encaisser en dollars, conserver la devise, payer un fournisseur américain sans convertir deux fois.Les coordonnées bancaires locales facilitent l’encaissement auprès de clients étrangers, qui paient comme pour un virement domestique.
- Les API et connecteurs comptables permettent d’automatiser les paiements de masse et la réconciliation.
- Le suivi du paiement et le montant exact reçu par le bénéficiaire sont visibles, ce qui réduit les relances fournisseurs.
Quels sont les inconvénients à connaitre ?
- La couverture n’est pas uniforme : certaines devises et certains pays sont exclus, ou facturés à une marge nettement supérieure.
- Les coordonnées bancaires locales ne sont pas toujours acceptées en pratique, alors que la discrimination à l’IBAN est interdite dans la zone SEPA.
- Les contrôles de conformité peuvent entraîner le blocage temporaire d’un paiement ou d’un compte.
- Certains secteurs d’activité sont exclus des conditions générales, ce qui expose à une fermeture de compte.
- Le statut réglementaire peut évoluer défavorablement : l’OCC a rejeté en juillet 2026 la demande de licence de national trust bank déposée par Wise aux États-Unis.
En quoi une plateforme de paiements internationaux est-elle utile pour les entreprises ?
Contrairement à une idée répandue, l’argument principal n’est plus la vitesse.
Selon les données publiées par SWIFT, 90 % des paiements transfrontaliers atteignent la banque destinataire en moins d’une heure, et près de 60 % des paiements SWIFT GPI sont crédités au bénéficiaire final en moins de 30 minutes, la quasi-totalité sous 24 heures.
Le retard se concentre désormais sur l’étape domestique finale : seuls 43 % des paiements atteignent le compte du client final en moins d’une heure, avec de fortes disparités entre pays.
Le coût, lui, reste discriminant. Un benchmark de février 2026 portant sur quinze prestataires situe les marges de change appliquées par les banques britanniques et nord-américaines entre 1,5 % et 3,5 % au-dessus du taux interbancaire, contre 0,3 % à 1,0 % pour les plateformes spécialisées étant précisé que cette étude émane d’un acteur du secteur du change.
Payer des fournisseurs étrangers
Passer par les plateformes de paiements internationaux permet déduire le coût de conversion et garantir le montant exact reçu par le bénéficiaire, ce qui évite les régularisations de factures.
Encaisser des clients étrangers
Cela permet de proposer un paiement dans leur devise et selon leurs moyens de paiement habituels, ce qui limite les abandons au moment du règlement.
Rémunérer des prestataires et salariés à l’international
Les plateformes permettent d’exécuter des paiements récurrents vers plusieurs pays depuis une seule interface.
Gérer plusieurs entités ou marchés
Centraliser la trésorerie multidevise plutôt que d’ouvrir un compte bancaire par pays.
Encadrer le risque de change
Figer un taux à l’avance sur les contrats à échéance longue, lorsque la plateforme propose ce service.
Quelles sont les 5 principales plateformes de paiements internationaux ?
Airwallex
Airwallex est une plateforme financière pour entreprises opérant à l’international, fondée en 2015 à Melbourne et dirigée depuis Singapour et San Francisco.
Elle réunit comptes multidevises avec coordonnées bancaires locales, transferts, cartes d’entreprise, gestion des dépenses et encaissement e-commerce. En France, elle opère via Airwallex (Netherlands) B.V., établissement de monnaie électronique agréé par la banque centrale néerlandaise et supervisé par l’ACPR.
Elle vise les PME, e-commerçants et éditeurs SaaS à flux multidevises réguliers.
Quels avantages ?
- Marge de change de 0,5 % au-dessus du taux interbancaire sur les devises majeures et 1,0 % sur les autres, identique sur les trois plans.
- Virements locaux gratuits vers plus de 120 pays via les rails bancaires locaux.
- Coordonnées bancaires locales dans plus de 20 devises.Règlement « like-for-like » : les fonds sont reçus, conservés et utilisés dans leur devise d’origine sans conversion automatique.
- Encaissement e-commerce intégré et intégrations comptables (Xero, QuickBooks, Pennylane, NetSuite).
Quels inconvénients ?
- Le compte est adossé à un IBAN néerlandais : pas d’IBAN français à ce jour. Ce compte détenu à l’étranger doit être déclaré via le formulaire Cerfa 3916-bis.
- Les virements SWIFT restent facturés 10 € en SHA ou 20 € en OUR : la gratuité ne vaut que sur les rails locaux.
- Aucune plateforme de dématérialisation agréée par la DGFiP, ce qui pose un problème pour la facturation électronique obligatoire.
- Statut d’établissement de monnaie électronique : pas de garantie des dépôts, pas de crédit.
Wise Business
Wise Business est l’offre entreprise de Wise, société britannique cotée fondée en 2011 et centrée sur le transfert international à faible marge. Elle fournit un compte multidevises avec coordonnées bancaires locales, paiements de masse, API et intégrations comptables.
Wise est un établissement de monnaie électronique : les fonds sont cantonnés chez des banques partenaires, sans couverture par un système de garantie des dépôts.
Elle convient aux indépendants, TPE et PME dont l’enjeu premier est le coût de conversion.
Quels avantages de Wise Business ?
- Frais de conversion à partir de 0,2 %, sans majoration du taux moyen du marché.
- Frais dégressifs au-delà de 22 000 EUR convertis par mois.
- Aucun abonnement ni frais de tenue de compte : facturation strictement à l’usage.
- Réception locale gratuite en AUD, CAD, EUR, GBP, HUF, NZD, PHP, SGD et USD.
- Numéros de compte disponibles dans 22 devises.
Quels sont les inconvénients ?
- Le compte est fourni avec un IBAN belge, ce qui peut compliquer certaines démarches administratives françaises.
- Ne remplace pas un compte pro français : pas de financement, pas de dépôt de chèques.
- Aucun outil de gestion du risque de change ni interlocuteur dédié.
- Les paiements SWIFT entrants sont facturés à l’unité : 2,39 EUR, 2,16 GBP ou 6,11 USD selon la devise.
- Au-delà de 250 EUR de retraits par mois, 2,69 % s’appliquent sur le montant dépassant ce seuil.
Revolut Business
Revolut Business est l’offre entreprise du groupe Revolut, seul acteur de cette sélection adossé à un agrément bancaire complet. Pour la France, le service est fourni par Revolut Bank UAB, banque établie en Lituanie et agréée par la Banque centrale européenne : les dépôts éligibles relèvent donc de la garantie européenne de 100 000 €.
Le compte offre un IBAN français, plus de 30 devises, cartes, gestion des dépenses, encaissement et API. Il vise les TPE et PME à dimension internationale.
Les avantages de Revolut Business
- Garantie des dépôts, contrairement aux quatre autres solutions de cette sélection
- IBAN français et comptes multidevises sur tous les plans, avec envoi et réception dans plus de 30 devises.
- Quota de change au taux interbancaire allant jusqu’à 60 000 €/mois sur le plan Scale.
- Encaissement complet intégré : paiements en ligne, liens de paiement, factures, Tap to Pay sur iPhone, plugins e-commerce et terminal physique.
- Assistance en français 24 h/24 et 7 j/7.
Quels sont les inconvénients ?
- Le taux interbancaire ne s’applique que dans la limite du quota et pendant les heures de marché : au-delà du quota, 0,6 % de frais, et 1 % pour tout change effectué hors heures de marché.
- Aucun plan gratuit : l’entrée de gamme est à 10 €/mois.
- Le module Dépenses est facturé en supplément 8 € par personne et par mois.
- Pas de découvert, pas de crédit professionnel, pas de chéquier.
- Blocages de compte lors des contrôles de conformité régulièrement signalés.
- La facturation intégrée n’est pas compatible avec la réforme française de la facture électronique : une plateforme agréée tierce sera nécessaire à partir du 1er septembre 2026.
Equals Money
Equals Money est une plateforme britannique de gestion des dépenses, de paiements et de change réservée aux entreprises, articulée autour d’un compte multidevises avec paiements internationaux et d’une solution de cartes et gestion des dépenses. Elle règle vers environ 190 pays dans plus de 140 devises, avec contrats à terme, paiements groupés et gestionnaire de compte nommé. Le groupe opère via deux entités : Equals Money PLC, autorisée par la FCA pour les services de paiement, et Equals Money International Limited, établissement de monnaie électronique qui émet les cartes.
Elle cible les PME britanniques et européennes à volumes de change réguliers.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter : Pourquoi vos paiements internationaux vous coûtent plus cher que vous ne le pensez ? Focus sur Equals
Quels sont les avantages de Equals Money ?
- Aucun frais de transfert sur les paiements internationaux : le modèle repose sur la marge de change.
- Interlocuteur FX dédié et contrats à terme pour figer un taux, ce que ne proposent ni Wise ni Airwallex.
- Utilisateurs illimités sur tous les plans.
- Dépenses gratuites dans 21 devises majeures lorsque le portefeuille correspondant est approvisionné.
- Support client réputé, disponible 7 jours sur 7.
Pour quels inconvénients ?
- La marge de change n’est pas publiée : elle est fixée à l’entrée en relation et varie selon la devise, le montant et le plan, ce qui rend le coût impossible à estimer depuis le site.
- Frais de conversion de 1,5 % dès qu’une dépense est réalisée dans une devise non détenue au portefeuille.Intégration comptable limitée à Xero.
- Paiements hors devises supportées passant par SWIFT, donc plus lents.
- Les fonds ne sont pas couverts par le FSCS ; ils sont cantonnés dans des comptes dédiés auprès de banques de premier rang.
- Site et offre orientés Royaume-Uni : l’éligibilité d’une société française est à confirmer.
iBanFirst
iBanFirst est une fintech européenne fondée en 2013, spécialisée dans les paiements internationaux et la couverture du risque de change pour les PME et ETI. Elle emploie plus de 350 personnes en Europe et figure au classement des entreprises à plus forte croissance du Financial Times.
La plateforme combine comptes multidevises, virements SEPA et SWIFT, suivi des paiements en temps réel et accompagnement par des spécialistes du change. C’est la seule solution de cette sélection sans abonnement, entièrement rémunérée par la marge de conversion.
Quels sont les avantages de iBanFirst ?
- Ni frais d’ouverture ni abonnement mensuel : la marge appliquée à chaque conversion est affichée sur la plateforme ou communiquée par téléphone.
- Un spread standard s’applique à toutes les transactions, ce qui rend le coût prévisible même lorsque les volumes augmentent.
- Spreads transparents et frais de paiement fixes, sans frais cachés.
- Contrats de change à terme et accompagnement par des experts pour construire une stratégie de couverture.
- Suivi des paiements en temps réel.
Quels en sont les inconvénients ?
- L’éligibilité est réservée aux sociétés réalisant plus de 200 000 € de volume de change annuel : la solution est hors de portée des TPE et des flux occasionnels.
- Ce n’est pas un compte bancaire : les moyens de paiement se limitent aux virements SEPA et SWIFT.Ni financement ni encaissement carte, ce qui impose de le conserver en complément d’un compte pro.Marge variable selon la devise et le volume : aucune comparaison possible sans devis préalable.
- Pas de garantie des dépôts.
FAQ sur les plateformes de paiements internationaux
Dans la majorité des cas, non : une plateforme de paiements internationaux se place en complément d’un compte pro, pas à sa place. Les établissements de monnaie électronique ne peuvent ni prêter, ni recevoir un dépôt de capital social, ni traiter de chèques.
Seuls les acteurs titulaires d’une licence bancaire, comme Revolut Business, peuvent en théorie tenir ce rôle.
Le montage le plus fréquent consiste à conserver un compte bancaire français pour les opérations domestiques, les prélèvements URSSAF et le financement, et à réserver la plateforme aux flux en devises.
La réponse dépend du statut de l’établissement : garantie des dépôts chez une banque, cantonnement chez un établissement de monnaie électronique.
Chez une banque agréée, les dépôts éligibles sont couverts jusqu’à 100 000 € par déposant dans l’Union européenne.
Chez un établissement de monnaie électronique, les fonds ne sont pas garantis : ils sont conservés sur des comptes séparés auprès de banques tierces, ce qui les protège des créanciers de la plateforme mais implique une procédure de restitution potentiellement longue en cas de défaillance. Vérifiez le statut exact de l’entité avec laquelle vous contractez, qui figure dans les conditions générales
Non : le refus d’un IBAN au motif de son pays d’émission est illégal dans la zone SEPA, mais la pratique persiste.
Ces restrictions ne sont autorisées ni par l’article 3 ni par l’article 9 du règlement SEPA (UE) n° 260/2012, et la Commission européenne les considère comme un véritable obstacle au fonctionnement du SEPA. La Cour des comptes européenne a constaté que la discrimination à l’IBAN subsiste une décennie après l’entrée en vigueur du règlement, l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie concentrant l’essentiel des cas signalés.
En pratique, testez la compatibilité avec vos clients récurrents et vos organismes sociaux avant de basculer vos encaissements.
Le coût réel se mesure en comparant le montant effectivement crédité au bénéficiaire avec ce qu’il aurait reçu au taux interbancaire du même instant, frais compris.
Trois postes s’additionnent, et seul le premier est généralement affiché :
– la commission de transfert
– la marge appliquée au taux de change,
– les frais prélevés à l’arrivée par la banque du bénéficiaire ou les banques intermédiaires.
Un service annonçant « zéro frais de transfert » peut ainsi coûter davantage qu’un service facturant une commission fixe assortie d’une faible marge de change.
Indirectement, oui : les plateformes de paiements internationaux ne sont pas des plateformes agréées au sens de la réforme, et leur module de facturation ne suffira pas à s’y conformer. La réforme s’applique à compter du 1er septembre 2026, avec l’obligation de recevoir des factures électroniques pour toutes les entreprises quelle que soit leur taille, et l’obligation d’émettre pour les grandes entreprises et les ETI. L’obligation d’émission est étendue aux TPE et PME au 1er septembre 2027. Si vous comptiez sur la facturation intégrée de votre outil de paiement, prévoyez un raccordement à une plateforme agréée distincte.

