Quels sont les étapes et les avantages de la création d’une SARL unipersonnelle ? Découvrez comment et pourquoi créer une SARL unipersonnelle. Qu’est-ce que la SARL unipersonnelle ? La SARL unipersonnelle (Société à Responsabilité Limitée Unipersonnelle), aussi appelée EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), est une SARL qui ne compte qu’un seul associé. Ce statut juridique est […]
Rémunération en EURL : tout savoir et comprendre pour faire le bon choix
La rémunération du gérant d’une EURL repose sur un principe de liberté : rien n’oblige à se verser quoi que ce soit, et l’associé unique en fixe librement le montant.

Mais ce choix n’est pas neutre, il dépend étroitement du régime fiscal de l’EURL (IR ou IS) et du statut du gérant, avec des conséquences sociales et fiscales que cet article détaille point par point.
Qu’est-ce qu’une EURL ?
L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL ne comptant qu’un seul associé. C’est une société commerciale dotée de la personnalité morale, dont la responsabilité de l’associé est limitée au montant de ses apports.
Son régime fiscal dépend de la qualité de l’associé unique :
| Associé personne physique | L’EURL relève par défaut de l’impôt sur le revenu (IR), Possibilité d’option pour l’IS |
| Associé personne morale | L’EURL relève de plein droit de l’IS |
Quelle distinction entre associé unique et gérant ?
L’associé unique de l’EURL n’est pas nécessairement son gérant.
Cette distinction est essentielle, car elle conditionne directement le régime social et fiscal de la rémunération :
- Le gérant est l’associé unique (cas le plus fréquent) : il est travailleur non-salarié (TNS).
- Le gérant est un tiers (une autre personne que l’associé unique) : il est, s’il est rémunéré, assimilé-salarié.
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La rémunération du gérant : pourquoi la question se pose ?
Le gérant assure la direction de l’EURL : il représente la société, accomplit les actes de gestion et engage l’entreprise. Il n’existe aucune disposition fixant ou rendant obligatoire la rémunération du gérant d’EURL, ni aucun montant minimum. C’est à l’associé unique de décider.
Cette rémunération peut prendre des formes différentes (fixe, variable selon les résultats, avantages en nature), mais son traitement social et fiscal varie fortement selon deux paramètres : le régime fiscal de l’EURL et le statut du gérant.
La vraie bifurcation : EURL à l’IR ou à l’IS ?
Avant de parler « rémunération ou dividendes », il faut distinguer les deux régimes fiscaux, car ils ne fonctionnent pas du tout de la même manière.
À l’impôt sur le revenu (IR)
L’EURL à l’IR est fiscalement transparente : elle ne paie pas l’impôt elle-même.
Le bénéfice est imposé directement entre les mains de l’associé unique, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC) selon l’activité.
Dans ce cadre, lorsque le gérant est l’associé unique, la « rémunération » qu’il se verse n’a pas d’existence fiscale autonome : elle n’est pas déductible du résultat, et l’associé est imposé sur l’intégralité du bénéfice, qu’il l’ait prélevé ou non.
La logique « rémunération contre dividendes » n’a donc pas de sens à l’IR.
À l’impôt sur les sociétés (IS)
L’EURL à l’IS acquitte elle-même l’impôt sur son bénéfice (taux de 25 %, ou 15 % sur une première tranche sous conditions).
C’est seulement dans ce cadre que l’associé unique gérant peut arbitrer entre se verser une rémunération (déductible du résultat de la société) et se distribuer des dividendes (prélevés sur le bénéfice après impôt).
La fixation et la formalisation de la rémunération
La rémunération du gérant est fixée librement : ni minimum, ni plafond légal. Elle doit toutefois être formalisée par écrit, soit dans les statuts, soit dans une décision (procès-verbal) de l’associé unique.
Le régime social du gérant d’une EURL
Le régime social dépend avant tout du point de savoir si le gérant est, ou non, l’associé unique.
Le gérant est l’associé unique (TNS)
C’est le cas le plus courant. Le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS) et est affilié à la Sécurité sociale des indépendants, gérée par l’URSSAF.
Cette affiliation est automatique dès l’immatriculation, indépendamment du versement effectif d’une rémunération. Autrement dit, des cotisations minimales restent dues même en l’absence de rémunération, en contrepartie de quoi le gérant conserve une protection sociale minimale (notamment des droits à la retraite). Le gérant TNS ne cotise pas à l’assurance chômage et n’y a donc pas droit.
L’assiette des cotisations diffère selon le régime fiscal :
- à l’IR, les cotisations sont calculées sur la quote-part de bénéfice revenant à l’associé ;
- à l’IS, elles sont calculées sur la rémunération, à laquelle peut s’ajouter une fraction des dividendes (voir plus bas).
À titre indicatif, les charges sociales d’un TNS représentent de l’ordre de 40 à 45 % de la rémunération nette ; ce taux varie selon le niveau de revenu et la protection souscrite.
Le gérant est un tiers (non associé)
- S’il est rémunéré, le gérant tiers est assimilé-salarié et relève du régime général de la Sécurité sociale, avec une protection comparable à celle d’un salarié. Il ne cotise toutefois pas à l’assurance chômage au titre de son mandat et n’en bénéficie donc pas, sauf à justifier d’un véritable contrat de travail distinct, reconnu comme tel par France Travail.
- S’il n’est pas rémunéré, il ne verse aucune cotisation et ne bénéficie d’aucune protection sociale au titre de ses fonctions.
En résumé
| Statut du gérant | Régime social |
| Associé unique (rémunéré ou non) | TNS – Sécurité sociale des indépendants (affiliation automatique, cotisations minimales même sans rémunération, pas d’assurance chômage) |
| Tiers rémunéré | Assimilé-salarié – régime général (sans assurance chômage) |
| Tiers non rémunéré | Aucune cotisation, aucune protection au titre du mandat |
Le régime fiscal de la rémunération du gérant
L’imposition de la rémunération dépend du régime de l’EURL et de la qualité du gérant.
À l’impôt sur le revenu (IR)
- Gérant associé unique : sa rémunération n’est pas déductible. Il est imposé sur la totalité du bénéfice de l’EURL, en BIC ou en BNC selon l’activité.
- Gérant tiers : sa rémunération est déductible du résultat de la société et imposée chez lui dans la catégorie des traitements et salaires.
À l’impôt sur les sociétés (IS)
La rémunération du gérant est déductible du résultat de la société, à condition de correspondre à un travail effectif et de ne pas être excessive. Côté gérant, l’imposition diffère :
- Gérant associé unique : sa rémunération relève de l’article 62 du CGI. Son montant imposable est déterminé selon les règles des traitements et salaires (avec déduction forfaitaire de 10 % ou frais réels), après déduction des cotisations sociales obligatoires.
- Gérant tiers : sa rémunération est imposée dans la catégorie des traitements et salaires.
En résumé
| Régime de l’EURL | Gérant | Déductibilité au niveau de l’EURL | Imposition chez le gérant |
| IR | Associé unique | Non déductible | BIC ou BNC (imposition sur le bénéfice total) |
| IR | Tiers | Déductible | Traitements et salaires |
| IS | Associé unique | Déductible (si non excessive) | Article 62 du CGI (règles des traitements et salaires) |
| IS | Tiers | Déductible (si non excessive) | Traitements et salaires |
La rémunération sous forme de dividendes (EURL à l’IS)
Lorsque l’EURL est à l’IS, l’associé unique peut compléter ou remplacer sa rémunération par des dividendes, prélevés sur le bénéfice après impôt et décidés lors de l’approbation des comptes.
Quelle est la fiscalité des dividendes ?
Les dividendes sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») de 30 %, qui se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. L’associé peut, sur option globale, leur appliquer le barème progressif de l’impôt sur le revenu : il bénéficie alors d’un abattement de 40 % sur le montant des dividendes, mais perd le taux forfaitaire.
La règle des cotisations sociales sur les dividendes
C’est une spécificité de l’EURL (et de la SARL) par rapport à la SASU.
Pour un gérant associé unique relevant du régime TNS, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé est soumise aux cotisations sociales des indépendants (et non aux seuls prélèvements sociaux de 17,2 %).
En pratique :
- en dessous de ce seuil de 10 %, les dividendes supportent les prélèvements sociaux de 17,2 % ;
- au-delà, la fraction excédentaire bascule dans les cotisations TNS (de l’ordre de 40 à 45 %), mais elle ouvre en contrepartie des droits sociaux supplémentaires.
Cette règle ne concerne pas le gérant tiers assimilé-salarié.
L’ACRE : une aide en début d’activité
L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise, ex-ACCRE) permet une exonération partielle des cotisations sociales pendant les douze premiers mois d’activité. Le dispositif a été profondément réformé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ; ses conditions ont été nettement durcies.
Points clés à connaître :
- Une aide désormais réservée à certains profils. L’ACRE n’est plus quasi-automatique : elle est réservée à des catégories précises de créateurs ou repreneurs (demandeurs d’emploi, bénéficiaires de certains minima sociaux, jeunes, créateurs en quartier prioritaire, etc.).
- Une demande obligatoire et un délai strict. La demande doit être déposée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant la date de début d’activité. Passé ce délai, le bénéfice de l’aide est définitivement perdu. L’URSSAF dispose de 30 jours pour statuer ; son silence vaut acceptation.
- Une seule fois tous les 3 ans. L’ACRE ne peut être accordée qu’une fois par période de trois ans.
- Une exonération plafonnée. L’exonération est partielle et plafonnée ; son niveau et les seuils de revenu applicables évoluent régulièrement.
Les avantages en nature
Le gérant peut percevoir, en complément ou en lieu et place d’une rémunération en numéraire, des avantages en nature : il s’agit de biens ou services fournis par l’entreprise pour un usage personnel (par exemple une voiture de fonction).
Sur le plan social et fiscal, ces avantages sont assimilés à de la rémunération : ils sont soumis aux cotisations sociales, imposés au titre de l’impôt sur le revenu chez le gérant, et déductibles du résultat de l’entreprise.
FAQ sur la rémunération en EURL
Non. En tant que travailleur non-salarié, il ne perçoit pas un salaire au sens du droit du travail et n’établit pas de bulletin de paie. Seul un gérant tiers assimilé-salarié reçoit, lui, une fiche de paie.
Oui, sous réserve de lui attribuer un statut adapté : conjoint collaborateur, conjoint salarié ou conjoint associé. Chaque statut emporte des conséquences différentes en matière de protection sociale et de coût, à étudier selon l’implication réelle du conjoint dans l’activité.
Oui. À l’IS, les cotisations versées sont déduites du résultat de la société. À l’IR, elles viennent en déduction du bénéfice professionnel (BIC ou BNC) imposé chez l’associé unique. Dans les deux cas, elles réduisent donc la base imposable.
Les revenus du gérant TNS sont désormais déclarés via la déclaration de revenus, qui sert aussi de base au calcul des cotisations recouvrées par l’URSSAF. Il n’y a plus de déclaration sociale séparée à effectuer. Le calcul aboutit à une régularisation l’année suivante, une fois le revenu réel connu.
C’est possible sous conditions : France Travail peut maintenir tout ou partie de l’ARE en cas de création d’entreprise, ou verser une partie des droits sous forme de capital (ARCE). Les règles dépendent de votre rémunération et de votre situation ; renseignez-vous auprès de France Travail. À ne pas confondre avec l’ACRE, qui est une exonération de cotisations sociales.


