Ce rapport a été réalisé à la demande du président de l’Assemblée Nationale pour le Comité d’Évaluation et de Contrôles (CEC) des politiques publiques par les magistrats et rapporteurs de la Cour et, de dix Chambres Régionales des Comptes (CRC). Le blog du dirigeant fait le point. Un problème qualitatif dans la création des entreprises en […]
Votre entreprise nécessitera-t-elle des déplacements professionnels ?
Lorsque vous préparez votre projet, les déplacements peuvent sembler secondaires. Pourtant, rendez-vous clients, livraisons, achats, interventions ou visites fournisseurs peuvent rapidement représenter plusieurs heures et plusieurs centaines de kilomètres chaque mois.

Les déplacements professionnels deviennent un sujet stratégique dès qu’ils sont réguliers ou indispensables à votre activité. Vous devez alors évaluer leur fréquence, leur distance, leur durée et leur coût avant de choisir un véhicule ou de construire votre prévisionnel financier.
La première question n’est donc pas : « Quelle voiture vais-je acheter ? » Elle est plutôt : « De quelle mobilité mon entreprise a-t-elle réellement besoin ? »
Dans certains projets, quelques déplacements mensuels peuvent être gérés avec un véhicule personnel ou les transports. Dans d’autres, le véhicule devient un véritable outil de production. Entre les deux, la location, l’externalisation ou l’optimisation des trajets peuvent éviter des dépenses inutiles.

1 mois offert avec le Blog du Dirigeant
Quels déplacements votre activité va-t-elle réellement nécessiter ?
Avant de budgéter un véhicule ou des frais kilométriques, commencez par lister les déplacements prévisibles.
Cette démarche paraît simple, mais elle permet souvent d’identifier des besoins très différents.
Les rendez-vous et la prospection commerciale
Un consultant, un commercial ou un dirigeant peut devoir rencontrer régulièrement ses prospects et ses clients.
Posez-vous alors plusieurs questions : combien de rendez-vous prévoyez-vous par semaine ? Dans quel périmètre géographique ? Vos clients accepteront-ils certains échanges en visioconférence ?
Quelques rendez-vous mensuels ne justifient pas nécessairement l’acquisition d’un véhicule professionnel.
Les interventions chez les clients
Pour un artisan, un technicien, une entreprise de maintenance ou un professionnel des services à domicile, les déplacements peuvent représenter une partie centrale de l’activité.
Dans ce cas, il faut également prévoir le transport des outils, du matériel ou des pièces nécessaires aux interventions.
Les fournisseurs et les achats
Devez-vous retirer régulièrement des marchandises, du matériel ou des fournitures ?
Un entrepreneur qui effectue plusieurs trajets par semaine chez ses fournisseurs n’aura pas les mêmes contraintes qu’une entreprise livrée directement dans ses locaux.
Les livraisons
Enfin, vous pouvez avoir besoin de livrer vos propres clients.
Il faut alors déterminer si ces livraisons seront occasionnelles ou fréquentes, locales ou longues distances, réalisées en interne ou confiées à un transporteur.
Les besoins de mobilité doivent être déterminés à partir des opérations réelles de l’entreprise : vendre, intervenir, acheter, produire ou livrer. Le véhicule ne doit être choisi qu’après avoir identifié ces usages.
Découvrez nos offres pour la comptabilité de votre entreprise
À partir de quand les déplacements deviennent-ils un véritable coût ?
Le carburant est généralement la première dépense à laquelle on pense. Pourtant, il ne représente qu’une partie du coût réel.
Un déplacement professionnel peut entraîner :
- carburant ou électricité ;
- entretien du véhicule ;
- assurance ;
- pneumatiques ;
- péages ;
- stationnement ;
- location ou financement ;
- repas ou hébergement dans certains cas ;
- temps de travail mobilisé.
Ce dernier élément est souvent sous-estimé.
Le temps de trajet a lui aussi une valeur
Imaginez un artisan qui réalise trois interventions par jour et passe deux heures entre ses différents clients.
Sur une semaine de cinq jours, cela représente environ dix heures de déplacement. Sur un mois, la mobilité peut donc absorber plusieurs journées de travail.
Ce temps doit être intégré à l’organisation et, indirectement, au prix de vente.
Le coût d’un déplacement professionnel ne se limite pas au carburant. Il comprend également le véhicule, l’entretien, l’assurance, les péages, le stationnement et surtout le temps consacré au trajet, qui réduit la capacité productive de l’entreprise.
Le kilométrage reste néanmoins indispensable pour construire une estimation. L’administration fiscale utilise elle-même des barèmes permettant d’évaluer certains frais professionnels liés à l’utilisation d’un véhicule. Le simulateur officiel permet notamment d’estimer les frais kilométriques selon le véhicule et la distance parcourue.
Peut-on réduire certains déplacements professionnels ?
Avant de chercher à financer davantage de mobilité, demandez-vous si tous les déplacements prévus sont réellement nécessaires.
L’objectif n’est évidemment pas de supprimer les rendez-vous qui créent de la valeur, mais d’éviter les trajets répétitifs ou mal organisés.
Remplacer certains rendez-vous par des échanges à distance
La visioconférence peut notamment éviter certains rendez-vous de suivi, réunions internes ou échanges préparatoires.
Les outils numériques proposent aujourd’hui téléphonie, visioconférence, partage documentaire, agendas et solutions collaboratives permettant de gérer une partie de la relation client ou du travail à distance.
Un premier échange commercial peut par exemple être organisé en visioconférence avant de prévoir une rencontre physique lorsqu’elle est réellement utile.
Regrouper les déplacements
Si vous devez rencontrer plusieurs clients dans une même zone, organisez vos rendez-vous sur une même journée.
Un artisan ou un commercial peut également sectoriser son activité : lundi dans une zone, mardi dans une autre, par exemple.
Cette organisation réduit les kilomètres, mais aussi les temps morts.
Faire venir les marchandises plutôt que les chercher
Comparez également le coût d’un retrait chez votre fournisseur avec celui d’une livraison.
Une livraison facturée 20 ou 30 euros peut parfois coûter moins cher qu’un aller-retour mobilisant une heure du dirigeant.
L’optimisation des déplacements consiste moins à réduire chaque kilomètre qu’à éviter les trajets qui consomment du temps sans créer suffisamment de valeur.
Votre implantation peut-elle réduire vos déplacements ?
Le choix du lieu d’implantation et l’organisation des déplacements sont directement liés.
Un local moins cher peut finalement coûter davantage si son emplacement génère des dizaines de kilomètres supplémentaires chaque semaine.
Pensez à la localisation de vos clients
Une entreprise de maintenance qui intervient principalement dans une métropole peut avoir intérêt à se positionner à proximité de ses principales zones d’intervention.
L’objectif n’est pas nécessairement d’être au centre géographique, mais de réduire les temps moyens de déplacement.
Regardez aussi vos fournisseurs
Pour une entreprise artisanale ou industrielle, la proximité des fournisseurs peut également peser dans la décision.
Il faut donc parfois arbitrer entre proximité des clients, accès aux fournisseurs et coût du local.
Vérifiez les axes de circulation
Accès autoroutiers, routes principales, circulation aux heures de pointe et stationnement doivent être étudiés avant de choisir l’implantation.
Deux locaux séparés de seulement quelques kilomètres peuvent générer des temps de déplacement très différents.
Une implantation pertinente ne réduit pas seulement le loyer ou améliore la visibilité. Elle peut aussi réduire durablement les kilomètres parcourus et le temps improductif consacré aux déplacements.
Faut-il utiliser son véhicule personnel ou un véhicule professionnel ?
Tout dépend de la fréquence des déplacements, du type d’activité et du véhicule nécessaire.
Il n’existe donc pas de solution universelle.
| Situation | Solution à étudier |
|---|---|
| Quelques déplacements occasionnels | Véhicule personnel, transport en commun ou location |
| Déplacements fréquents | Comparer véhicule personnel et véhicule professionnel |
| Transport régulier de matériel | Véhicule utilitaire adapté |
| Livraison fréquente | Véhicule dédié ou prestataire logistique |
| Long déplacement ponctuel | Train, avion ou location selon le trajet |
Utiliser son véhicule personnel
Pour un créateur qui se déplace peu, utiliser son véhicule personnel peut éviter un investissement prématuré.
Lorsqu’un salarié est contraint d’utiliser son véhicule personnel pour son activité professionnelle, l’employeur peut lui verser des indemnités kilométriques. Sous conditions, ces allocations peuvent être exonérées de cotisations sociales dans la limite du barème fiscal applicable.
Les règles exactes doivent toutefois être vérifiées selon le statut du dirigeant, la structure juridique et le mode de prise en charge.
Disposer d’un véhicule professionnel
Lorsque les déplacements deviennent fréquents ou que l’activité impose un utilitaire, un véhicule dédié peut devenir plus pratique.
Il faut alors comparer son coût complet : acquisition ou loyer, assurance, entretien, carburant, fiscalité et éventuels coûts liés à son utilisation privée.
Les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques peuvent notamment être concernés par des taxes spécifiques reposant sur leurs émissions de CO₂ et de polluants atmosphériques.
Faut-il acheter, louer ou externaliser ?
Une fois le besoin confirmé, trois grandes solutions peuvent être étudiées.
Acheter le véhicule
L’achat peut être adapté lorsque le véhicule sera utilisé fréquemment pendant plusieurs années.
En contrepartie, il nécessite un investissement ou un financement et expose l’entreprise aux dépenses d’entretien ainsi qu’à la perte de valeur du véhicule.
Louer
La location permet notamment d’éviter une sortie de trésorerie importante au démarrage et de transformer une partie du coût en mensualité.
Elle crée toutefois un engagement régulier. Il faut donc comparer le coût total du contrat et pas seulement le montant mensuel affiché.
Externaliser les besoins ponctuels
Pour des livraisons irrégulières, des déplacements exceptionnels ou des besoins spécifiques, l’externalisation peut être plus rationnelle.
Coursier, transporteur, livraison fournisseur ou location ponctuelle permettent d’éviter de financer toute l’année un moyen de transport rarement utilisé.
Posséder un véhicule n’est pertinent que lorsque son utilisation justifie ses coûts fixes. Pour des besoins irréguliers, la location ponctuelle ou l’externalisation peut transformer une charge permanente en dépense directement liée à l’activité.
Comment budgéter les déplacements dans votre prévisionnel ?
Ne vous contentez pas d’inscrire une ligne « carburant ».
Construisez une hypothèse à partir de votre activité.
Vous pouvez commencer par une formule simple :
Nombre de déplacements × distance moyenne aller-retour × fréquence mensuelle
Vous obtenez ainsi une première estimation du kilométrage.
Ajoutez ensuite :
- coût d’utilisation du véhicule ;
- péages ;
- stationnement ;
- location éventuelle ;
- transports collectifs ;
- hébergements et repas nécessaires ;
- sous-traitance des livraisons.
L’administration distingue plusieurs méthodes d’évaluation selon les situations. Le barème kilométrique couvre notamment différents coûts liés au véhicule, tandis que certains frais comme les péages ou le stationnement peuvent répondre à des règles distinctes.
Pour un employeur, les frais engagés par un salarié dans l’intérêt de son activité professionnelle relèvent également du régime des frais professionnels et doivent respecter les règles de justification et de prise en charge applicables.
Enfin, ajoutez une hypothèse de croissance. Si vous doublez votre nombre de clients, vos déplacements vont-ils doubler également ? Si oui, la mobilité constitue probablement une variable importante de votre modèle économique.
Quelles erreurs éviter lorsque votre activité nécessite des déplacements ?
La première erreur consiste à acheter un véhicule avant d’avoir calculé le besoin réel. Une mensualité de financement inutile peut rapidement peser sur une jeune entreprise.
Évitez également de :
- sous-estimer le temps passé sur la route ;
- oublier les coûts de stationnement ou de péage ;
- choisir votre implantation sans tenir compte de vos tournées ;
- acheter un grand véhicule pour un besoin exceptionnel ;
- effectuer vous-même toutes les livraisons sans comparer le coût d’un prestataire ;
- multiplier les rendez-vous physiques lorsqu’un échange à distance suffit ;
- calculer uniquement le carburant dans votre prévisionnel.
Attention également à ne pas confondre automatiquement trajet domicile-travail et déplacement réalisé pour une mission professionnelle. Les règles de prise en charge et les régimes sociaux ou fiscaux ne sont pas identiques. Service-Public distingue notamment les frais de transport domicile-travail des autres frais professionnels.
La bonne démarche consiste donc à mesurer d’abord les usages, puis à choisir les moyens nécessaires.
Ce qu’il faut retenir
- Les déplacements professionnels doivent être évalués dès la création lorsqu’ils sont nécessaires à l’activité. Visites clients, fournisseurs, achats, interventions et livraisons peuvent rapidement devenir un poste important du modèle économique.
- Le coût de mobilité ne se résume pas aux frais kilométriques. Le véhicule, l’assurance, l’entretien, les péages et surtout le temps de déplacement doivent également être intégrés dans votre prévisionnel financier.
- Tous les déplacements ne sont pas forcément indispensables. Visioconférence, regroupement des rendez-vous, livraison fournisseur ou optimisation des tournées peuvent réduire les kilomètres parcourus sans dégrader la relation client.
- L’implantation de l’entreprise influence directement les déplacements professionnels. Un local légèrement plus coûteux peut parfois devenir plus rentable s’il réduit fortement les distances vers les clients, fournisseurs ou principaux axes routiers.
- Un véhicule professionnel ne doit pas être acheté automatiquement au démarrage. Véhicule personnel, location, transports et externalisation doivent être comparés selon la fréquence des déplacements et les contraintes réelles de l’activité.
- La mobilité doit évoluer avec votre entreprise. Si chaque nouveau client génère davantage de kilomètres et de temps de trajet, l’organisation des déplacements devra être repensée pour préserver la rentabilité.
FAQ – Déplacements professionnels en entreprise
Un déplacement professionnel est un déplacement réalisé pour les besoins de l’activité : rencontrer un client, se rendre chez un fournisseur, intervenir sur un chantier, participer à un rendez-vous ou effectuer certaines livraisons. Son traitement dépend du statut du dirigeant ou du salarié et de la nature exacte des dépenses engagées.
Le trajet domicile-travail correspond au déplacement permettant au salarié de rejoindre son lieu habituel de travail. Un déplacement professionnel est effectué dans le cadre d’une mission ou pour les besoins de l’activité. Les règles de remboursement et d’exonération ne sont donc pas nécessairement les mêmes.
Oui, selon la situation. Un véhicule personnel peut notamment être adapté lorsque les déplacements professionnels restent occasionnels. Pour les salariés contraints d’utiliser leur véhicule personnel à des fins professionnelles, des indemnités kilométriques peuvent être versées sous certaines conditions.
Non. Commencez par estimer le nombre de déplacements, le kilométrage et le type de véhicule réellement nécessaire. Si les besoins sont faibles ou irréguliers, utiliser un véhicule personnel, louer ponctuellement ou externaliser certaines opérations peut éviter des charges fixes inutiles.
Estimez d’abord le nombre de kilomètres parcourus chaque mois. Ajoutez ensuite les coûts liés au véhicule, à l’énergie, aux péages, au stationnement et aux éventuels transports ou locations. Enfin, mesurez le temps consacré aux déplacements, car il réduit également la capacité de production ou de vente de l’entreprise.
L’externalisation devient intéressante lorsque les livraisons sont trop irrégulières pour justifier un véhicule et un conducteur dédiés, lorsqu’elles mobilisent trop de temps ou lorsqu’un prestataire peut réaliser les tournées à un coût inférieur. Il faut comparer le prix facturé au coût complet d’une livraison réalisée en interne.



