Introduction

Fixer ses prix ne consiste pas à appliquer une formule unique. Un prix de vente pertinent résulte de plusieurs informations qu’il faut croiser : ce que l’entreprise vend réellement, les références disponibles sur le marché, les coûts qu’elle doit couvrir, la valeur perçue par les clients et la stratégie qu’elle souhaite mener.

Dirigeant travaillant sur la fixation du prix de vente à partir des coûts, du marché, des clients et de la stratégie

Le rôle du dirigeant est ensuite d’arbitrer entre ces éléments. Ils ne conduisent pas toujours au même chiffre. Un prix peut être rentable mais refusé par les clients, supérieur à celui des concurrents mais parfaitement justifié, ou encore accepté par le marché tout en fragilisant l’entreprise.

Le prix est donc une synthèse économique du fonctionnement de l’entreprise, de son marché, de la valeur perçue par ses clients et de ses choix stratégiques. Il doit être construit, testé puis piloté.

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Qu’est-ce qui détermine réellement un prix de vente ?

Pour fixer un prix, quatre dimensions doivent être étudiées ensemble.

  • La première est l’offre tarifaire. Il faut savoir précisément ce que le client achète, selon quelle unité il est facturé et sous quelle forme : produit à l’unité, forfait, abonnement, tarification à l’usage, options ou combinaison de plusieurs modèles.
  • La deuxième est le marché. Les prix des concurrents peuvent fournir des repères, à condition de comparer des offres réellement comparables et de tenir compte des solutions alternatives dont dispose le client.
  • La troisième concerne les coûts et la rentabilité. Le prix doit contribuer à financer les achats, les salaires, les frais fixes, les coûts commerciaux, les investissements et plus largement le fonctionnement de l’entreprise.
  • La quatrième porte sur le client. Il faut comprendre la valeur qu’il attribue à l’offre, les critères qui influencent son choix et le niveau de prix qu’il accepte réellement.

On peut résumer la démarche avec quatre questions :

  • Que vendons-nous exactement ?
  • À quelles alternatives le client nous compare-t-il ?
  • Quel prix notre modèle économique peut-il supporter ?
  • Quel prix les clients sont-ils réellement prêts à payer ?

Aucune de ces questions ne suffit seule. C’est leur confrontation qui permet de construire une hypothèse tarifaire cohérente.

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Le prix reflète aussi l’entreprise que vous choisissez de construire

Deux entreprises comparables peuvent avoir des prix différents

Deux entreprises qui vendent apparemment la même chose peuvent pratiquer des prix différents sans que l’une se trompe nécessairement.

Leurs prix d’achat peuvent varier. Leur productivité, leur organisation, leurs salaires, leurs investissements, leur recours à la sous-traitance, leur qualité de service ou leurs besoins de financement peuvent également être très différents. La Banque de France montre d’ailleurs que les ajustements de prix des entreprises ne dépendent pas uniquement du marché : les contraintes financières propres à l’entreprise influencent également leur comportement tarifaire.

Le prix est donc aussi la conséquence d’une manière de produire et de servir le client.

Le niveau de service et le positionnement influencent les coûts

Une entreprise qui promet une livraison en quelques heures doit disposer des moyens permettant de tenir cette promesse. Une activité premium peut investir davantage dans le conseil, la qualité ou l’expérience client. À l’inverse, une stratégie low cost exige généralement une organisation capable de fonctionner avec des coûts très maîtrisés.

Une stratégie tarifaire n’est crédible que si l’organisation de l’entreprise permet de la tenir économiquement.

Le prix traduit aussi les objectifs du dirigeant

Le prix ne reflète pas uniquement les coûts ou le marché. Il traduit également les objectifs poursuivis par le dirigeant.

Certains cherchent prioritairement la croissance, d’autres la rentabilité, la pérennité, l’accessibilité de l’offre ou un positionnement haut de gamme. Fixer ses prix revient donc aussi à décider quel type d’entreprise on veut construire.

Fixer ses prix : Les 4 éléments à prendre en considération

Étape 1 : définir ce que l’on vend avant d’en fixer le prix

Un prix n’a de sens que lorsqu’il est associé à une offre précise.

Comparer une prestation à 1 000 € avec une autre à 1 400 € est inutile si la seconde inclut un accompagnement, une garantie ou des prestations que la première ne propose pas.

Il faut donc commencer par définir :

  • ce qui est inclus ;
  • les éventuelles options ;
  • le niveau de service ;
  • la durée ou le volume ;
  • l’unité de tarification ;
  • les modalités de paiement.

Un consultant peut facturer une journée, une mission complète ou un abonnement mensuel. Un logiciel peut être vendu par utilisateur, par niveau d’usage ou sous forme de forfait. Le choix du modèle tarifaire modifie à la fois la perception du prix par le client et l’économie de l’entreprise.

Il faut donc d’abord définir suffisamment précisément l’offre et la manière dont elle sera facturée. Le montant vient ensuite.

Étape 2 : utiliser les concurrents comme référence, pas comme règle

Observer les concurrents est utile parce que leurs tarifs participent à la formation des repères du marché.

Mais comparer uniquement les chiffres est insuffisant. Il faut analyser simultanément le contenu de l’offre, le segment visé, le niveau de service, les garanties, les modalités de paiement et le positionnement.

Le prix concurrent est un référentiel, pas une instruction

Un concurrent moins cher ne signifie pas nécessairement qu’il faut baisser ses tarifs. Son offre peut être différente, son organisation plus productive, son segment distinct ou sa stratégie orientée vers le volume.

Il existe aussi de nombreux marchés dans lesquels les tarifs sont difficiles à connaître : prestations sur devis, prix personnalisés, négociations B2B, contrats complexes. Dans ce cas, l’entreprise doit reconstruire progressivement l’information à partir des données disponibles : retours clients, propositions commerciales, appels d’offres, partenaires, commerciaux ou données sectorielles.

Comment fixer ses prix sur un marché naissant ?

Enfin, dans une activité innovante, il peut ne pas exister de référence pertinente. Il faut alors changer de logique. Quand le marché ne fournit pas l’information tarifaire, l’entrepreneur doit progressivement la produire par l’expérimentation commerciale.

C’est particulièrement cohérent avec l’effectuation, qui consiste à avancer avec les moyens disponibles, obtenir des engagements et ajuster progressivement le projet lorsque l’environnement est incertain.

Étape 3 : déterminer le prix dont l’entreprise a économiquement besoin

Le prix doit évidemment permettre de financer l’activité. Cela suppose de connaître au minimum :

  • les coûts variables ;
  • les charges fixes ;
  • les coûts directs ;
  • les coûts indirects ;
  • le coût de revient ;
  • la marge souhaitée ;
  • le volume nécessaire pour atteindre l’équilibre.

La tentation est alors d’appliquer une formule simple : coût + marge = prix. Cette logique est utile pour comprendre l’économie de l’offre, mais elle ne suffit pas.

Une entreprise supportant beaucoup de charges fixes peut avoir besoin d’un certain volume de ventes pour devenir rentable. Un prix plus faible peut augmenter le volume, mais il peut également obliger l’entreprise à vendre une quantité irréaliste pour couvrir ses coûts.

À l’inverse, un prix plus élevé améliore la marge unitaire mais peut réduire la demande. Il faut donc raisonner avec le triptyque : prix × volume × marge.

Les coûts indiquent ce que l’entreprise doit économiquement obtenir ; ils ne disent pas ce que le client acceptera de payer.

Étape 4 : comprendre ce que les clients sont réellement prêts à payer

Le prix n’est pas évalué de la même façon par tous les clients.

Les facteurs clés de succès d’un segment correspondent aux critères qui influencent réellement sa décision : prix, qualité, délai, service, sécurité, personnalisation ou disponibilité. Ils doivent être identifiés segment par segment.

Sur un marché low cost ou très standardisé, le prix peut devenir le critère dominant. La sensibilité tarifaire est alors généralement forte et les écarts entre concurrents facilement comparables.

Sur une offre complexe ou premium, le client peut arbitrer simultanément entre plusieurs éléments : expertise, qualité, confiance, délai, service, image et prix. La sensibilité tarifaire existe toujours, mais elle devient plus difficile à isoler.

Les méthodes de prix psychologique, les enquêtes ou les tests peuvent apporter des indications. Mais elles restent moins solides qu’un comportement d’achat réel.

On peut utiliser une grille simple : Opinion → intention → engagement → paiement → réachat

Plus le client s’engage réellement, plus l’information obtenue sur l’acceptabilité du prix devient robuste.

Les quatre dimensions pour fixer un prix cohérent : offre, marché, économie de l’entreprise et client

Comment arbitrer lorsque coûts, concurrence et clients donnent des réponses différentes ?

C’est ici que commence réellement le travail de fixation du prix.

Les différentes analyses donnent rarement toutes exactement le même chiffre. Le dirigeant doit donc comprendre ce que signifie chaque écart.

Le marché accepte davantage que le prix nécessaire à votre rentabilité

Supposons que votre modèle soit rentable à 100 €, mais que les clients acceptent facilement 140 €.

Il n’existe aucune raison économique de limiter automatiquement votre prix à 100 €.

Il faut analyser la valeur perçue, le positionnement souhaité, les objectifs de l’entreprise et les conséquences possibles sur la demande. Le coût ne constitue pas un plafond.

La marge supplémentaire peut financer l’innovation, les investissements, la qualité de service ou la croissance.

Les concurrents sont moins chers mais votre offre est différente

Si vos concurrents vendent 100 € et que vous envisagez 140 €, la bonne question n’est pas : « Sommes-nous trop chers ? » mais : « Quelle différence le client obtient-il pour ces 40 € supplémentaires, et cette différence compte-t-elle suffisamment pour lui ? »

Une différence n’est pertinente que lorsqu’elle correspond à un critère important du segment. Le document consacré aux FCS rappelle d’ailleurs qu’une force n’acquiert une véritable portée stratégique que lorsqu’elle aide l’entreprise à répondre à une exigence importante du marché.

Le prix nécessaire à la rentabilité est supérieur au prix accepté

C’est probablement la situation la plus importante à analyser. Imaginons que votre modèle nécessite un prix de 150 €, alors que les clients refusent régulièrement l’offre au-delà de 110 €. Baisser simplement à 110 € ne résout rien si vous perdez de l’argent.

Il faut alors examiner successivement plusieurs leviers : coûts → productivité → contenu de l’offre → valeur perçue → segment → volume → modèle tarifaire → business model.

Il peut être nécessaire de réduire certains coûts, simplifier l’offre, changer de cible ou modifier l’organisation. Lorsque le prix économiquement nécessaire n’est pas commercialement acceptable, le problème peut se situer dans le modèle économique plutôt que dans le prix lui-même.

Certains segments acceptent le prix et d’autres non

Une moyenne peut masquer une information stratégique essentielle. Si les petites entreprises refusent systématiquement votre tarif tandis que les ETI l’acceptent facilement, le problème n’est peut-être pas votre prix : il peut être votre ciblage.

Dans ce cas, plusieurs possibilités existent : concentrer les efforts sur le segment le plus réceptif, créer plusieurs offres, adapter le niveau de service ou différencier les modalités tarifaires.

Vous manquez encore d’informations

Dans un nouveau projet, vouloir déterminer définitivement le prix avant d’avoir vendu peut conduire à attendre trop longtemps. Il est préférable de formuler une hypothèse suffisamment raisonnable pour pouvoir la confronter au marché.

Les approches effectuales sont particulièrement pertinentes dans ces situations : on teste, on écoute, on obtient des engagements et on adapte progressivement le modèle plutôt que d’attendre une prévision parfaite.

Existe-t-il vraiment un « bon prix » ?

Dans la plupart des activités, il n’existe pas un chiffre unique objectivement parfait. Il existe plutôt une zone de cohérence tarifaire.

Un prix devient intéressant lorsqu’il répond simultanément à plusieurs conditions :

  • il contribue à la viabilité économique ;
  • il reste cohérent avec le marché ;
  • il correspond à la valeur perçue par le segment ;
  • il soutient la stratégie de l’entreprise.

Cette notion est plus réaliste que l’idée classique d’un prix déterminé mécaniquement entre un « plancher » constitué par les coûts et un « plafond » imposé par le client. Les coûts peuvent évoluer avec le volume, la productivité ou l’organisation. La valeur perçue évolue elle aussi avec le segment, le positionnement, la confiance ou la qualité de l’offre.

Il faut donc rechercher une zone de prix à tester, plutôt qu’un chiffre supposé définitif.

Zone de cohérence tarifaire entre viabilité économique, marché, acceptabilité client et stratégie

Quelle stratégie tarifaire choisir ?

Les grandes stratégies tarifaires classiques restent utiles à connaître, à condition de ne pas les appliquer mécaniquement.

La stratégie de pénétration

Elle consiste à proposer un prix volontairement attractif pour faciliter l’adoption, développer les volumes ou gagner rapidement des parts de marché.

Elle peut être adaptée à certaines situations, mais elle doit rester compatible avec les capacités financières de l’entreprise. Une croissance obtenue en vendant durablement à perte n’est pas une stratégie soutenable.

La stratégie d’alignement

L’entreprise pratique un prix relativement proche de celui du marché. Cette stratégie est pertinente lorsque le prix n’est pas le principal axe de différenciation ou lorsque les offres sont fortement comparables.

Elle ne signifie pas copier aveuglément les concurrents. Le prix doit toujours rester cohérent avec la structure économique propre à l’entreprise.

La stratégie d’écrémage

Elle consiste à pratiquer un prix élevé, souvent au lancement d’une innovation ou sur une offre fortement différenciée. Elle suppose que certains clients attribuent suffisamment de valeur à l’offre pour accepter ce niveau tarifaire.

Premium et low cost : deux modèles économiques différents

Un positionnement premium ne consiste pas seulement à augmenter son prix. Il exige une proposition de valeur, une expérience, un niveau de service et des preuves cohérentes.

Inversement, être low cost ne signifie pas simplement vendre moins cher. L’entreprise doit disposer d’une structure de coûts et d’une organisation lui permettant de fonctionner durablement avec des marges unitaires généralement plus réduites.

Tester son prix sur le terrain avant de le considérer comme validé

Une analyse économique peut produire une hypothèse cohérente. Elle ne peut pas garantir que le marché l’acceptera. Il faut donc confronter le prix à de vrais prospects suffisamment tôt.

La première hypothèse doit être réfléchie : coûts, concurrence, segment, proposition de valeur et objectifs donnent déjà des repères. Mais elle n’a pas besoin d’être parfaite. Mieux vaut tester suffisamment tôt un prix imparfait que chercher longtemps un prix parfait sans vendre.

Les échanges commerciaux apportent bien davantage qu’une simple information tarifaire. Ils permettent de comprendre quels segments réagissent, quelles objections reviennent, quels bénéfices sont réellement valorisés et comment fonctionne le processus de vente.

Un prospect qui dit « c’est trop cher » ne fournit d’ailleurs pas une conclusion. Il indique un problème à comprendre : budget, mauvaise perception de la valeur, comparaison avec une autre offre, manque de confiance, mauvais moment ou réelle inadéquation du tarif. Il faut donc chercher le pourquoi avant de modifier le prix.

Fixer ses prix est une démarche itérative

La fixation du prix ne devrait pas être traitée comme une décision unique prise avant le lancement puis conservée pendant plusieurs années.

Elle peut suivre une boucle simple :

Observer → formuler une hypothèse → tester → mesurer → comprendre → ajuster → tester à nouveau.

L’entreprise observe son marché, ses clients, ses coûts et son fonctionnement. Elle construit ensuite une première hypothèse tarifaire, la confronte à des situations commerciales et mesure ce qui se passe. Si les résultats sont insuffisants, elle cherche pourquoi avant de modifier le prix, l’offre ou le segment.

L’effectuation décrit précisément cette logique d’apprentissage par l’action dans les contextes incertains : les entrepreneurs progressent à partir des ressources disponibles, des interactions et des engagements obtenus.

Fixer un prix n’est pas trouver définitivement un chiffre : c’est construire puis améliorer une hypothèse tarifaire à partir des réactions économiques et commerciales du marché.

Quels indicateurs suivre pour savoir si votre prix fonctionne ?

Le chiffre d’affaires ne suffit pas. Plusieurs indicateurs permettent d’interpréter la performance tarifaire :

IndicateurCe qu’il peut révéler
Taux de transformationAcceptabilité globale de l’offre
MargeViabilité économique
Volume venduRéaction de la demande
Demandes de remiseTension autour du prix ou de la valeur perçue
Panier moyenMontant réellement dépensé
Fréquence d’achatUsage et valeur obtenue
Réachat / fidélisationValeur durablement perçue
Coût d’acquisitionEffort nécessaire pour obtenir une vente
Retours / SAVÉcart éventuel entre promesse et expérience

Aucun indicateur ne doit être interprété seul. Une forte conversion associée à une marge trop faible peut signaler un prix insuffisant. À l’inverse, une excellente marge avec très peu de ventes peut révéler un tarif trop élevé, un mauvais segment ou une offre mal comprise.

Quand faut-il revoir ses prix ?

Un tarif pertinent aujourd’hui peut devenir incohérent demain.

Les coûts évoluent, tout comme les attentes des clients, les concurrents, le positionnement ou la stratégie de l’entreprise. La Banque de France constate par exemple que les entreprises adaptent leurs prix en fonction des évolutions des intrants, mais que la concurrence et la faiblesse de la demande peuvent conduire à ne répercuter qu’une partie des hausses de coûts.

Il peut donc être pertinent de revoir ses prix lorsqu’on observe :

  • une hausse durable des coûts ;
  • une modification du positionnement ;
  • une amélioration significative de l’offre ;
  • un changement de cible ;
  • une évolution concurrentielle ;
  • une capacité de production saturée ;
  • une marge insuffisante ;
  • une nouvelle phase de développement ;
  • des comportements clients différents.

Revoir ses prix ne signifie d’ailleurs pas nécessairement augmenter ou diminuer le montant affiché. On peut modifier les options, les remises, les modalités de paiement, les niveaux de gamme ou le modèle tarifaire.

Méthode en huit étapes pour fixer, tester et ajuster son prix de vente

En France, les professionnels déterminent en principe librement leurs prix, sous réserve de certaines exceptions réglementaires. Pour les ventes aux consommateurs, ils ont en contrepartie des obligations précises d’information sur le prix et les éventuels frais supplémentaires.

Le dirigeant doit finalement arbitrer

Les coûts fournissent des contraintes. Les concurrents donnent des repères. Les clients produisent des réactions. Les outils stratégiques apportent des grilles d’analyse. Mais aucun de ces éléments ne décide seul.

Le rôle du dirigeant est précisément de hiérarchiser les informations et de les remettre dans leur contexte. Le document consacré au discernement rappelle que le contexte constitue la matière première de la décision et qu’il évolue dans le temps. Il insiste aussi sur le passage nécessaire d’une compréhension suffisamment complète à une action suffisamment simple pour être opérable.

Dans une décision tarifaire, cela signifie écouter les clients, connaître les chiffres, comprendre la concurrence et prendre du recul pour déterminer ce qui mérite réellement d’être modifié.

Le bon prix n’est pas celui qu’une formule impose au dirigeant. C’est celui qu’il peut justifier économiquement, défendre commercialement et faire évoluer à partir du terrain.

La méthode en 8 étapes pour fixer ses prix

Pour résumer la démarche, vous pouvez utiliser cette méthode :

  1. Définissez précisément l’offre vendue. Déterminez ce qui est inclus, l’unité de facturation et les modalités de paiement.
  2. Identifiez le segment et ses critères de choix. Comprenez notamment l’importance du prix parmi les facteurs clés de succès.
  3. Analysez les offres et prix concurrents disponibles. Utilisez-les comme références sans les copier.
  4. Calculez vos coûts et le niveau de rentabilité nécessaire. Intégrez coûts fixes, variables, directs, indirects et volume attendu.
  5. Évaluez la valeur perçue et l’acceptabilité du prix. Utilisez enquêtes, entretiens et surtout comportements commerciaux.
  6. Arbitrez selon votre positionnement et votre stratégie. Croissance, rentabilité, accessibilité ou premium peuvent conduire à des décisions différentes.
  7. Formulez une première hypothèse de prix et testez-la sur le terrain. Cherchez des engagements commerciaux réels.
  8. Mesurez les résultats et ajustez progressivement. Ne modifiez pas uniquement le prix : interrogez aussi l’offre, le segment, les coûts et le modèle économique.

Les erreurs à éviter lorsqu’on fixe ses prix

La première erreur consiste à appliquer automatiquement une formule « coût + marge » sans tenir compte du marché et des clients. La seconde est de copier les prix concurrents sans comparer ce que recouvrent réellement les offres.

Il faut également éviter de fixer un prix uniquement à partir de questionnaires, de confondre prix bas et compétitivité, ou d’ignorer le volume nécessaire pour atteindre la rentabilité.

Une autre erreur fréquente consiste à raisonner sur un « client moyen » qui n’existe pas réellement. La segmentation permet justement de comprendre pourquoi certains clients acceptent très facilement un tarif que d’autres refusent systématiquement.

Enfin, il faut éviter deux excès opposés : changer de prix après chaque objection ou, à l’inverse, considérer son tarif comme intangible alors que le marché et l’entreprise évoluent.

A retenir

  • Le prix est une synthèse du modèle économique, du marché, de la valeur client et de la stratégie. Il ne résulte pas d’une formule unique.
  • Les coûts, les concurrents et les clients fournissent des informations différentes. Aucun de ces éléments ne détermine seul le bon prix.
  • Deux entreprises comparables peuvent légitimement pratiquer des tarifs différents parce qu’elles ne disposent pas de la même organisation, des mêmes coûts ou des mêmes objectifs.
  • Lorsque le prix nécessaire à la rentabilité n’est pas accepté par le marché, il faut parfois revoir l’offre, les coûts, le segment ou le business model plutôt que simplement baisser le tarif.
  • Le prix concurrent constitue un repère, pas une instruction.
  • Lorsque l’information de marché manque, l’entrepreneur doit la produire par les tests et les interactions commerciales.
  • Un prix se pilote. Il doit être mesuré, confronté au terrain et adapté lorsque l’entreprise, le marché ou les clients évoluent.

FAQ

Comment calculer un prix de vente ?

Commencez par identifier les coûts fixes, variables, directs et indirects nécessaires à l’activité. Évaluez ensuite la marge et le volume permettant d’atteindre vos objectifs de rentabilité. Ce calcul donne une contrainte économique, mais il doit être confronté aux prix du marché, à la valeur perçue par les clients et au positionnement souhaité.

Comment fixer un prix lorsqu’on démarre une activité ?

Construisez une première hypothèse à partir de votre offre, de vos coûts, des références concurrentielles disponibles, du segment ciblé et de la valeur proposée. Présentez ensuite rapidement cette offre à de vrais prospects afin d’observer leurs réactions et, si possible, d’obtenir des engagements commerciaux. Le prix pourra être ajusté au fil des apprentissages.

Faut-il fixer son prix en fonction des concurrents ?

Les concurrents apportent des repères mais ne doivent pas dicter votre prix. Il faut comparer le contenu réel des offres, les segments, le niveau de service et les modèles économiques. Une différence de prix peut être parfaitement cohérente si elle correspond à une différence de valeur réellement perçue par les clients.

Comment savoir si son prix est trop élevé ?

Un faible taux de transformation peut constituer un signal, mais il ne suffit pas. Il faut comprendre pourquoi les prospects refusent : prix réellement excessif, mauvaise cible, valeur insuffisamment perçue, manque de confiance ou offre mal adaptée. Demandez pourquoi avant de conclure qu’il faut diminuer le tarif.

Comment fixer le prix d’un produit innovant ?

Lorsqu’il n’existe pas de référence pertinente, commencez par une hypothèse fondée sur les coûts, la valeur attendue et le segment visé. Testez ensuite rapidement plusieurs propositions auprès de vrais prospects. Dans un contexte très incertain, une logique effectuale permet de construire progressivement le prix et le business model à partir des réactions et engagements du terrain.

À quelle fréquence faut-il revoir ses prix ?

Il n’existe pas de fréquence universelle. Les prix doivent être réexaminés lorsque les coûts, la demande, le positionnement, l’offre, le niveau de service ou la concurrence évoluent significativement. Il est également pertinent de les revoir lorsqu’une nouvelle phase de développement modifie les objectifs économiques de l’entreprise.

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Sommaire
  • Qu’est-ce qui détermine réellement un prix de vente ?
  • Le prix reflète aussi l’entreprise que vous choisissez de construire
  • Fixer ses prix : Les 4 éléments à prendre en considération
  • Comment arbitrer lorsque coûts, concurrence et clients donnent des réponses différentes ?
  • Existe-t-il vraiment un « bon prix » ?
  • Quelle stratégie tarifaire choisir ?
  • Tester son prix sur le terrain avant de le considérer comme validé
  • Fixer ses prix est une démarche itérative
  • Quels indicateurs suivre pour savoir si votre prix fonctionne ?
  • Quand faut-il revoir ses prix ?
  • Le dirigeant doit finalement arbitrer
  • La méthode en 8 étapes pour fixer ses prix
  • Les erreurs à éviter lorsqu’on fixe ses prix
  • A retenir
  • FAQ

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